Antivax ou canular ? Quand "Les Marseillais" prennent de faux rendez-vous pour se faire vacciner

Au parc des expositions de Bordeaux-Lac, transformé en centre de vaccination

SABOTAGE – Dans un centre de vaccination de Bordeaux, une soixantaine de rendez-vous, pris sous des noms de stars de la téléréalité, n’ont pas été honorés. Un nombre important qui interroge : ces désistements en série sont-ils l’œuvre d’antivax ?

C’est une drôle de journée qu’ont vécu les pompiers chargés de la vaccination au centre de Bordeaux-Lac lundi 31 mai dernier. S’attendant à des dizaines de personnes à vacciner, comme d’habitude, ces derniers se sont trouvés fort dépourvus. C’est d’abord une petite dizaine de créneaux réservés sur Doctolib qui n’ont pas été honorés, puis une autre… Au total, une soixantaine de personnes ne se sont pas présentées au vaccinodrome dans la matinée, au grand désarroi des pompiers, comme l’a relaté Sud Ouest. 

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"Stratégie de hacking (…) émanant d’un groupe ‘d’antivax’"

Si les désistements de dernière minute sont le lot de toute campagne de vaccination, ils sont plutôt minoritaires en général. Sur 2000 rendez-vous, on dénombre entre 30 à 70 annulations chaque jour, nous apprend le médecin colonel Philippe Bouffard, responsable du centre de Bordeaux-Lac. Mais ici, les grands absents s'étaient inscrit sous l’identité de"Marseillais à Dubaï", ces célébrités de téléréalité originaires de Marseille et influenceurs sur Instagram. Ce qui a quelque peu surpris les médecins, raconte le colonel Bouffard : "On s’est demandé si c’était une plaisanterie ou si c’était dans le but de nuire". L’un de ses collègues, le docteur Patrick Ragot, a été catégorique dans les colonnes du quotidien régional, parlant de "véritable stratégie de hacking (…) émanant d’un groupe ‘d’antivax’". 

Une semaine plus tard, le colonel Bouffard ne peut toujours pas dire si ces faux bonds ont été une tentative de sabotage menée par des opposants à la vaccination. "C’était dans les hypothèses mais cela ne s’est pas reproduit dans les jours suivants. Et puis cela a été sans conséquences." En effet, les doses de vaccin ont pu trouver preneurs en étant dispatchées auprès de volontaires disponibles à la dernière minute. Le doute subsiste pourtant dans l’esprit du médecin colonel : "C’est tellement dur de prendre rendez-vous qu’il faut vraiment être motivé pour une incidence quasi nulle. Ou alors il s’agit de quelqu’un qui a réussi à pirater Doctolib et entrer dans leur système". De son côté, Doctolib est bien en peine d’anticiper d’éventuelles tentatives de piratage, quand bien même les rendez-vous sont décrochés sous des identités farfelues. Tout simplement parce que la plateforme n’a pas accès aux données qu’entrent les patients pour réserver un créneau et ne peut vérifier les noms des inscrits. 

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Des gardes fous existent cependant contre ce genre d’actes malveillants. "On ne peut pas créer plusieurs comptes sur Doctolib avec le même numéro. Ici, il s’agit de soixante personnes différentes qui ont bien pris rendez-vous. Ensuite, on ne peut pas non plus prendre plusieurs rendez-vous pour la même spécialité dans les sept derniers jours", nous répond-on au sein de la plateforme. Au vaccinodrome de Bordeaux-Lac, des appels sont parfois passés aux absents lorsque des désistements surviennent. Mais avec 200 patients à vacciner par heure, les priorités sont ailleurs et les coups de fil sont souvent aléatoires. Pour l’instant, les médecins du Sdis n’ont pas cherché à savoir qui se cachait derrière ces mystérieux "Marseillais."

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