APB : que valent les applis d'aide à l'orientation ?

APB : que valent les applis d'aide à l'orientation ?
SOCIÉTÉ

ÉDUCATION - Gratuits ou payants, sur smartphone ou ordinateur, de nombreux services proposent aux futurs bacheliers, et plus largement aux jeunes, un peu perdus de les aider à trouver leur voie. À une semaine de la clôture des inscriptions sur Admission post-bac, peut-on réellement leur faire confiance ? LCI a posé la question à des spécialistes de la question.

"Découvrir les métiers pour lesquels vous êtes faits", "trouver ta voie", "des réponses rapides et concrètes", "t'accompagner dans le monde du XXIe siècle". À lire leurs descriptions, de nombreux services en ligne semblent avoir trouvé la solution miracle pour les jeunes en mal de vocation. Ces applications d'aide à l'orientation sont aussi nombreuses que variées. 

Du test gratuit de personnalité à remplir en 5 minutes au coaching payant personnalisé, comment s'y retrouver entre tous ces organismes ? Alors que les inscriptions sur Admission post-bac se terminent dans quelques jours, LCI vous aide à y voir plus clair.

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Les applis gratuites : tests de personnalité et guides des métiers

Test Orientation, l'une des nombreuses applications du groupe Nomad Education, propose par exemple de répondre à plusieurs séries de questions afin de cerner votre personnalité. Puis de vous orienter vers des secteurs d'activités censés être adaptés à votre tempérament. Même fonctionnement ou presque pour Écoles-orientation.com, qui classe par ordre de préférence des listes d'affirmations. Gratuites, ces deux applications vous demandent néanmoins vos informations personnelles : nom, prénom, téléphone, mail, études, etc. 

Avec un design plus futuriste, Impala filtre pour vous une liste de plusieurs centaines de métiers en fonctions de paramètres simples : salaire voulu, durée souhaitée des études, choix de plusieurs mots-clés ou d'une affirmation assez générale (par exemple : "j'aime construire des trucs"). Le site vous indique ensuite une liste de formations menant en théorie à chaque métier sélectionné. Là aussi, il faut s'inscrire pour aller au bout de la démarche.

"15% des jeunes savent réellement ce qu'ils veulent faire. Parmi ceux-là, 15% y arriveront- Bruno Devauchelle, professeur associé à l'Université de Poitiers

Le coaching personnalisé : des services payants ou solidaires

Viennent ensuite les services de coaching personnalisé. Certains sont payants, comme Pixis, qui vous fait passer un test d'orientation pour 15 euros, et dispose d'offres d'accompagnement à 299 ou 499 euros, selon que vous désiriez trois ou cinq séances. L'application Moncoach&moi, propose, elle, un abonnement à 29 euros par mois pour avoir accès à un service de discussion en ligne auprès de professionnels. 

L'association Frateli met également en avant son service de coaching, gratuit cette fois. Appelé Inspire, il assure la mise en contact d'étudiants bénévoles, chargés de partager leurs expériences, et des lycéens qui "cherchent l'inspiration". 

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Ce qu'en disent les experts : avant les applis, de la patience, de la curiosité et de vrais conseils

Contactés par LCI, les professeurs Bruno Devauchelle et André Tricot, spécialistes de l'usage des technologies numériques dans l'apprentissage, sont sceptiques quant à l'utilité de ces applications. Tous deux s'accordent sur la nécessité d'un accompagnement personnalisé par un professionnel qui connaît l'élève. 

"Ce n'est pas en posant les mêmes questions à tout le monde qu'on aura des résultats fiables pour chacun", estime Bruno Devauchelle. "Mais ces nouvelles technologies peuvent apporter une meilleure description des métiers, même si personne ne les connaît tous", admet-il. Pour André Tricot, "ces applications peuvent permettre de découvrir de nouvelles voies, de nouveaux métiers. Par exemple, très peu de jeunes connaissent le métier de charpentier alu, alors qu'il recute beaucoup plus que celui de charpentier bois."

"L’important, c’est d’ouvrir l’esprit des jeunes, il ne faut pas qu’ils aillent chercher ce qu’ils connaissent déjà"- André Tricot, professeur à l'université de Toulouse

À une semaine de la clôture des inscriptions sur Admission post-bac, les deux chercheurs ne déconseillent donc pas forcément d'aller jeter un oeil à ces nouveaux services. Mais "pas sans un accompagnement". "Ils peuvent jouer un rôle de déclencheur", estime André Tricot, mais "sans accompagnement, ils ne permettent pas de mieux se connaître, ni d’avoir une véritable compréhension de ce qu’est tel ou tel métier. L’important, c’est d’ouvrir l’esprit des jeunes, il ne faut pas qu’ils aillent chercher ce qu’ils connaissent déjà".

Le problème, c'est que seuls les services payants proposent un accompagnement personnalisé par un professionnel. Pour ceux qui n'ont pas les moyens de se payer un conseiller d'orientation privé, les chercheurs recommandent d'adopter un état d'esprit simple auprès des jeunes en mal de vocation : attiser leur curiosité, ne pas leur donner d'objectif mais une direction et, surtout ne pas avoir peur de perdre un an ou deux.

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