Apologie du terrorisme : quatre condamnations prononcées à Bordeaux

Apologie du terrorisme : quatre condamnations prononcées à Bordeaux

JUSTICE - Quatre hommes ont été condamnés ce mercredi à des peines de deux mois de prison ferme pour "apologie du terrorisme". Des faits liés à l'attentat contre Charlie Hebdo en janvier dernier. Depuis le 13 novembre, 387 affaires d'apologie du terrorisme et/ou de provocation au terrorisme ont été relevées.

Ils étaient accusés d'avoir fêté l'attentat contre Charlie Hebdo dans un bar d'Angoulême. Ce mercredi, la cour d'appel de Bordeaux a condamné quatre hommes à deux mois de prison ferme pour "apologie du terrorisme". Les prévenus avaient été relaxés en première instance, le 9 mars dernier. Le parquet avait alors fait appel.

Les quatre hommes, âgés de 27 ans à 35 ans, étaient accusés d'avoir manifesté leur joie dans un bar de la ville à l'annonce de l'attaque contre le journal satirique, lançant : "C'est bien fait, ils n'avaient pas qu'à insulter notre Dieu", "14 Blancs en moins, vive Allah, tournée générale !", selon des propos rapportés par des témoins.

Une dénonciation au départ de l'affaire

L'affaire avait démarré après l'envoi par une cliente et lectrice de Charlie Hebdo d'une lettre au procureur de la République d'Angoulême dénonçant l'attitude des quatre clients. Cette dernière n'était toutefois pas présente au moment des faits, mais se fondait sur les confidences d'une serveuse du bar. Les prévenus s'étaient défendus d'avoir tenu de tels propos, disant avoir manifesté leur joie après avoir gagné au tiercé.

La Cour d'appel de Bordeaux a toutefois souligné mercredi, dans son jugement, qu'aucun des quatre hommes n'avait fourni "la même explication" et jugé les faits "particulièrement graves". Parmi les prévenus, l'un d'eux a également été reconnu coupable de "subornation de témoin" pour avoir proféré des menaces à l'égard d'une serveuse ayant témoigné auprès des enquêteurs.

488 procédures judiciaires engagées depuis l'instauration de l'état d'urgence

Depuis les attentats du 13 novembre, 387 affaires d'apologie du terrorisme et/ou de provocation au terrorisme ont été relevées au 10 décembre, selon un document se basant sur les informations "remontées" par les parquets que l'AFP a pu consulter. 112 "atteintes aux personnes" ont également été notées, 35 "atteintes aux biens", catégorie dans laquelle entrent par exemple les inscriptions sur les lieux de culte, et sept infractions au droit de la presse, essentiellement des faits de diffamation sur Internet, précise l'agence. En tout, ce sont 488 procédures judiciaires qui ont été engagées sur l'ensemble du territoire depuis l'instauration de l'état d'urgence après les attentats du 13 novembre au cours duquel 2 700 perquisitions ont été réalisées. 51 personnes ont été écrouées, a précisé la chancellerie.

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Au niveau de la justice, 58 condamnations à des peines d'emprisonnement avec ou sans sursis, à des travaux d'intérêt général ou du sursis mise à l'épreuve ont été prononcées par les tribunaux correctionnels lorsqu'ils ont été saisis. 279 procédures sont encore en phase d'enquête.

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