Appels d'urgence en panne : "Personne ne répondait au 15, je me suis sentie abandonnée"

Appels d'urgence en panne : "Personne ne répondait au 15, je me suis sentie abandonnée"

TÉMOIGNAGES - Des enquêtes ont été ouvertes après la panne survenue mercredi, affectant des numéros d'urgence. Cinq décès sont suspectés d'être liés à l'incident.

La justice doit encore faire la lumière sur l'incident technique qui a touché, partout en France, mercredi, des numéros d'urgence. Alors que des enquêtes judiciaires et administratives ont été ouvertes concernant des décès possiblement liés à cette panne, des familles de victimes se sont confiées à TF1 dans la vidéo en tête de cet article.

Josiane Vesoul dit s'être sentie abandonnée, ce soir-là. Son compagnon, âgé de 68 ans et souffrant d'un cancer du poumon, était alors en détresse respiratoire. Dans cette zone isolée de La Réunion, Josiane a cherché à joindre les secours et multiplié les appels "au 15, mais personne ne répondait. J'ai appelé le 18, il ne répondait pas non plus", nous a-t-elle confié.

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Panne géante des numéros d'urgence

Elle a tenté de joindre les numéros d'urgence pendant une vingtaine de minutes, en vain. C'est finalement une de ses amies qui a alerté le SAMU. Les secours sont finalement arrivés, mais trop tard : son compagnon était décédé. Josiane Vesoul, qui ne "comprend pas" pourquoi personne ne lui a répondu, envisage aujourd'hui de porter plainte.

La préfecture de La Réunion, de son côté, avait expliqué jeudi, que "l'absence de contact direct entre l'épouse et le Samu, du fait des problèmes de réseau, n'aura pas permis de caractériser précisément la situation médicale de la victime avant l'engagement des secours".

À Chavagnes-en-Pailliers, en Vendée, un enfant de 28 mois est décédé jeudi matin, alors que sa mère avait tenté, "pendant une heure de joindre sans succès le 18 puis le 15" avant le premier appel reçu par le Samu à 8h21, selon le directeur de l'ARS des Pays de la Loire Jean-Jacques Coiplet. 

Un habitant de la commune nous a expliqué être "très touché" par ce drame. Un autre a évoqué une situation "désolante". Le parquet de la Roche-sur-Yon a ouvert vendredi une enquête pour "recherche des causes de la mort".

Un décès à Vannes, un autre en Haute-Saône

À Vannes, le parquet de Vannes a, lui aussi, ouvert une enquête, jeudi, "en recherche des causes de la mort", après le décès d'un homme de 63 ans à l'hôpital de Vannes mercredi soir. Originaire du pays d'Auray, il est décédé d'un arrêt cardio-vasculaire après avoir été conduit à l'hôpital par sa conjointe, qui n'avait pas pu contacter les services de secours.

Un autre cas, cette fois en Haute-Saône, a conduit le procureur de la République à ouvrir une enquête judiciaire. Un homme de 77 ans est mort et "il est vraisemblable" que ce décès soit survenu "dans le contexte de la panne nationale des numéros d'urgence", ont indiqué, vendredi, l'ARS de Bourgogne-Franche-Comté et la préfecture dans un communiqué.

Un cinquième cas s'est ajouté vendredi en fin d'après-midi dans les Bouches-du-Rhône, avec l'annonce d'une enquête administrative de l'Agence régionale de santé de Paca sur le décès d'une patiente à son domicile, dans la nuit de mardi à mercredi. Aucune enquête judiciaire n'a encore été ouverte sur ce cas. Dans les cinq cas, des enquêtes administratives ont été diligentées par les autorités.

L'histoire d'Yves, elle, s'est bien finie, mais la panne lui a procuré, à lui aussi, quelques sueurs froides. Retraité à La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, il a fait une mauvaise chute dans sa salle de bain, mercredi soir. Son épouse a tenté d'appeler les pompiers. "J'ai essayé à trois ou quatre reprises. Je me suis affolée, évidemment, parce que je n'arrivais pas à le relever, j'ai quand même 75 ans et il est quand même assez costaud", nous a détaillé Marie-Claude Siourt. Elle est finalement "allée chez [sa] voisine. Son fils était là" et est venu relever Yves, qui n'est finalement pas blessé.

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Mercredi soir, les numéros 15 (Samu), 17 (police), 18 (pompiers) et 112 (numéro européen unique) ont été inaccessibles ou très difficilement accessibles partout en France, forçant les personnes à renouveler leur appel ou à utiliser des lignes directes à 10 chiffres mises en place dans l'urgence par les autorités.

Le gouvernement a annoncé vendredi un audit du réseau et des services d'Orange, et des enquêtes judiciaires ou administratives ont été ouvertes sur au moins cinq décès survenus lors de cet incident. 

De son côté, l'opérateur téléphonique Orange a lancé une enquête interne "approfondie", dont les conclusions sont attendues sous sept jours, a annoncé le groupe, vendredi, dont le PDG Stéphane Richard avait présenté de "vives excuses" aux personnes touchées. Le patron de l'entreprise avait exclu une cyberattaque.

Enfin, l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) a réclamé une commission d'enquête parlementaire.

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