Applaudissements, gâteaux, vidéos… Les gestes chaleureux qui accueillent les migrants de Calais

BIENVENUE - Depuis le début du démantèlement de la "jungle" de Calais lundi, les migrants rejoignent par autocar les 287 centres d’accueil et d’orientation (CAO) répartis dans toute la France. Dans les communes souvent divisées sur l’accueil de ces nouveaux-venus, des petites initiatives ont parfois permis de mettre un peu de baume au cœur de ces voyageurs.

Pour eux, c’est un nouvel espoir. Pour certains Français, c’est une nouvelle crainte. Depuis lundi, et l’évacuation de la "jungle", les migrants de Calais arrivent dans les 287 centres d’accueil et d’orientation répartis dans toute la France. Mettant le pied dans des communes parfois divisées depuis l’annonce de réquisitions de bâtiments par la préfecture. Mais parfois, des habitants, des élus, des associatifs étaient présents ou ont eu des petites gestes pour mettre un peu de baume au cœur de ces migrants qui ont vécu pendant des mois dans des conditions très difficiles.  Petit recueil non-exhaustif. 

Des applaudissements à Croisilles, près d’Arras

C’est sous des applaudissements chaleureux qu’ils ont posé  le pied lundi à Croisilles, 1600 habitants, dans le Pas-de-Calais. Des habitants et des membres de l’association La vie active étaient en effet venus accueillir le car qui convoyait une trentaine de migrants venus de Calais. Applaudissements, mains qui se serrent, coucous, pouces levés en signe de victoire… Des petits gestes qui sont allés droit au cœur de leurs destinataires.  "J'ai plein de projets pour l'avenir mais croyez-moi, je suis déjà très heureux d'être ici", raconte un migrant à la sortie du car sur France 3 Pas-de-Calais. "Nous ne voulons de mal à personne. Nous venons ici en paix. On veut simplement vivre", poursuit-il. Instant de paix, alors que plusieurs manifestations de protestation ont eu lieu sur place avant l’arrivée des migrants. 

Des sourires à Saint-Georges-de-Didonne, en Charente-Maritime

Une trentaine de migrants, essentiellement des Soudanais, sont arrivés dans la nuit de lundi dans cette petite commune de Charente-Maritime. Dans le centre où ils sont accueillis, un peu en périphérie de la ville, la vie en communauté s’organise tranquillement. Mais les arrivants n’avaient au départ qu’une seule envie : découvrir leur nouvel environnement, le centre-ville, les habitants. Et au marché, commerçants et clients semblent les accueillir à bras ouvert. "Je les ai salués, je leur ai fait un grand sourire", raconte une cliente sur TF1. "Car si j’avais été dans ce cas là… Je pense qu’ils ont besoin de chaleur humaine." Les migrants vont bientôt bénéficier de cours des français.

En vidéo

JT 13H - Évacuation de la "Jungle" : les premiers pas de migrants soudanais en Charente-Maritime

Café, gâteaux et applaudissements à Troisgots, dans la Manche

Des habitants de Troisgots, dans la Manche, sont arrivés dès le début d’après-midi mardi avec cafés et gâteaux à la main pour accueillir les migrants, rapporte Ouest-France. Ils ont nettoyé une partie de l'Institut médico-éducatif, qui sert de lieu d'accueil. En fin d’après-midi, quatorze Soudanais ont été accueillis par les applaudissements d'une trentaine de personnes. Une dizaine d’opposants regardaient tout de même la scène : des manifestations houleuses avaient secoué la petite ville, samedi dernier.

"Welcome", à Cancale en Bretagne

Applaudissements aussi en Bretagne, à Cancale,  par des habitants qui lancent des "welcome !" "Je suis très content d'être arrivé ici. C'était l'horreur là-bas", raconte un migrant au quotidien Ouest-France. Une cinquantaine de migrants sont accueillis pour un trimestre dans un ancien hôpital. Le préfet de région et d’Ille-et-Vilaine et les bénévoles de l’association Coallia, chargée d'assurer la gestion du séjour, étaient sur place pour leur souhaiter la bienvenue d’un petit mot. La ville d’Ille-et-Vilaine avait déjà accueilli une soixantaine de migrants au printemps dernier et s’était portée volontaire pour renouveler l’opération.

Une vidéo pour défendre les migrants près de Fougères

"Les migrants ont des avantages sociaux considérables ! Comme avoir un toit, alors qu’ils pourraient dormir au chaud dans la rue ! Aider son prochain est une injustice sociale : notre ville de Fougères compte 20.000 habitants et va accueillir 9 familles de réfugiés. Mais c’est énoooorme ! Nous sommes à saturation !" Absurdité, humour, dérision, c’est la ligne qu’ont adopté des habitants de Fougères, dans une petite vidéo démontant les clichés sur les migrants. Le film est en fait une version parodique d’une vidéo tournée quelques jours avant par un élu FN de Fougères, Gilles Pennelle, devant l’hôtel qui doit accueillir des migrants. Cette vidéo, dans laquelle il reprend les arguments classiques du FN sur l’immigration, était devenue virale, comme le raconte 20 minutes.

Accueillis dans le car par le maire dans la Vienne

Les 16 migrants n’avaient pas encore mis le pied à terre, à Mignaloux-Beauvoir, dans la Vienne, que le maire Gérard Sol, apparenté PS, est monté dans le bus pour leur témoigner son soutien "On est très contents de vous accueillir, les habitants de Mignaloux viendront vous aider et nous aussi", a lancé l’élu dans l’autocar, rapporte Sud Ouest. Une chaleur qui a touché les réfugiés. "Nous sommes vraiment très heureux, ce soir on se sent très bien psychologiquement", raconte un migrant. La commune tient à faire les choses correctement : une cérémonie d’accueil est prévue dans les prochains jours.


Reste que souvent, les situations sur place demeurent compliquées. Dans plusieurs villes, comme à la Chapelle-sur-Vire, des  anti-migrants étaient aussi présents, pour manifester leur opposition ou compter les arrivées, et vérifier qu’il n’y en avait pas plus qu’annoncées. A Billiers, dans le Morbihan, un centre d’hébergement retenu par une association a été ravagé par le feu dans le week-end.  


D’autres fois, les migrants ont été accueillis en toute discrétion. Dans le sud-ouest, à Arès, huit migrants sont arrivés sans que personne ne les voit. La nouvelle a été annoncée par le maire dans un communiqué, indiquant "nous ne pouvons que nous réjouir de l'arrivée de ces familles", et leur souhaitant "de pouvoir se reconstruire dans la sérénité." Mais sur place, Sud Ouest mentionne un "portail fermé" et une "enceinte grillagée". "Aucun échange ne semble pour l'heure possible alors que plusieurs Arésiens ont cherché, déjà, à apporter leur aide à ces familles de réfugiés". De part et d’autre, il va falloir s’apprivoiser.

En vidéo

JT 13H – Démantèlement de la "Jungle" : une cinquantaine de migrants accueillis à Neuves-Maisons

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Le démantèlement de la "Jungle" de Calais

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