L'application d'alerte attentat SAIP envoie une fausse alerte après un nouveau bug

L'application d'alerte attentat SAIP envoie une fausse alerte après un nouveau bug

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FAIL - Les utilisateurs du système d'alerte attentat ayant configuré l'application pour un événement se déroulant à Paris ont reçu ce mardi le message "PARC EXPOSITION". Un dysfonctionnement après un exercice se produisant à Rouen.

Une panique de courte durée. Ce mardi, des abonnés de l'application mobile SAIP –laquelle prévient l'utilisateur en cas d'attentat ou d'accident grave- ont reçu en une alerte. Sur celle-ci, on pouvait lire "PARC EXPOSITION", sans autre précision. Deux mots qui ont suscité l'inquiétude de ceux ayant configuré leur application pour un événement qui se produirait à Paris.


Le message correspond en réalité à un exercice "attentat" mené au Parc des Expositions de Grand Quevilly, près de Rouen. Celui-ci s'est déroulé sous la conduite de la préfecture de la région Normandie, les services de l'Etat, afin que les secours s'entraînent en cas d'attaque. Une information confirmée à LCI par la préfecture de Seine-Maritime, précisant qu'un "bug" s'est produit lors de l'envoi du message d'alerte qui devait mentionner qu'il s'agit d'"un exercice". 

Devant les nombreux commentaires des internautes, la place Beauvau a réagi en milieu d'après-midi, expliquant qu'il s'agissait bien d'un exercice.

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"Le système d'alerte attentat est défaillant" selon un rapport sénatorial

"Des défaillances nuisant à la fiabilité de l'application"

Cette défaillance du système d'alerte attentat n'est pas une première. L'efficacité de l'application a notamment été mise en cause après l'attentat de Nice le 14 juillet 2016 (86 morts). Le ministère de l'Intérieur avait reconnu que le premier message d'alerte avait été envoyé tardivement. Lors des dernières attaques à Paris, la communication officielle s'est faite dans un premier temps par des tweets de la préfecture de police. 


Un avis partagé par un rapport du sénateur LR Jean-Pierre Vogel. "Des défaillances nuisant à la fiabilité et à l'ergonomie de l'application subsistent encore aujourd'hui", avait souligné le sénateur dans un rapport transmis en août à l'AFP. Celle-ci a "été conçue dans l'urgence" à la suite des attentats du 13 novembre 2015 et mise en place avant l'Euro de foot en juin 2016, "ce qui a nui à la qualité du produit final".


L'auteur du rapport reproche au système d'alerte de n'être disponible que sur certains téléphones. Le système "devait initialement reposer sur une solution technique permettant la diffusion, en toute circonstance, de SMS d'alerte et d'information, en liaison avec les opérateurs de téléphonie mobile", souligne-t-il. Il reproche également aux autorités d'avoir privilégié le recours à un système d'alerte via "un réseau de sirènes devenu totalement obsolète", en y consacrant 80 % des crédits prévus sur un financement de 44,7 millions échelonné de 2012 à 2019 (36,8 millions d'euros doivent en outre être planifiés à partir de 2020).

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