Apports en protéines "démesurés" : pour Greenpeace, les écoliers mangent trop de viande à la cantine

Apports en protéines "démesurés" : pour Greenpeace, les écoliers mangent trop de viande à la cantine

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À TABLE - Les repas à la cantine sont au centre de nombreux débats, ces derniers temps. Alors que le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, a indiqué que l'objectif de passer à 50% de produits bio dans les cantines serait inscrit dans la loi et que Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, plaide pour "un repas végétarien pas semaine", Greenpeace indique dans une étude que révèle Le Parisien ce matin, que les écoliers mangeraient trop de viande à la cantine.

C'est une étude qui devrait satisfaire Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique. La semaine dernière, il s'était prononcé en faveur d'un repas végétarien, une fois par semaine, dans les cantines. C'est le cercle de réflexion Terra Nova qui avait lui avait suggéré qu'un repas alternatif végétarien serait une bonne chose pour "une alimentation durable", il y a quelques jours. 


Ce lundi dans Le Parisien, une étude de Greenpeace, se penchant les recommandations du Groupe d'étude des marchés restauration collective et nutrition (GEM-RCN) qui s'occupe de définir les achats dans les restaurations collectives françaises, indique que les apports en protéines sont "démesurés en comparaison des recommandations édictées par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses)". 

Greenpeace suit les recommandations de l'OMS

Selon Greenpeace, les apports en protéines seraient "entre deux et quatre fois supérieurs aux recommandations des nutritionnistes", si l'ensemble d'un repas constitue un morceau de viande, un laitage, du pain et des légumes. Et la facture en apport de protéines journalier peut grimper encore, dès lors que les parents cuisinent de la viande le soir, à leurs enfants. 

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La question du jour : qui décide des repas servis à la cantine ?

En janvier dernier, l'Anses ne préconisait pas plus de 70 grammes par jour pour la viande (hors volaille), soit 500 g/semaine, et 25 g/jour pour la charcuterie. Des conclusions basées sur l'étude de l'OMS datant de 2015, qui avait indiqué que la charcuterie était cancérogène pour l'homme et que la viande rouge, elle, l'est "probablement". De fait, réduire sa consommation carnée permettrait, selon l'OMS, de réduire les risques d'un cancer colorectal. 

Bon, aussi, pour l'environnement

Dans cette étude, l'association Greenpeace indique aussi par ailleurs que réduire sa consommation de viande permettrait aussi de diminuer l'effet de serre, car l'élevage est responsable de 14.5% des émissions de gaz à effet de serre. La production de bœuf contenant un kilo de protéines génère 200 kg de CO2, contre 10 à 30 kg de CO2 pour l'équivalent en viande de porc ou de poulet, selon une étude de l'École polytechnique Chalmers à Göteborg. 

Aussi, de nombreuses associations de protection de l'environnement recommande de consommer du poulet plutôt que du bœuf pour réduire la note. "Si l'UE veut atteindre ses objectifs de réduction des GES, limiter de 50% voire plus, la consommation de viande de ruminants (bovins et ovins) est très probablement inévitable", indiquent les chercheurs de Goteborg. 

Manger moins de viande, oui mais comment ?

Si réduire sa consommation de viande pour protéger l'environnement semble être préconisé, il apparaît tout de même que certaines croyances restent bien ancrées. Combattre l'idée qu'un vrai repas est forcément constitué de "viande" semble être la solution proposée par pas mal d'acteurs engagés dans la nutrition et la protection de l'environnement. Car ces protéines animales peuvent être remplacées par des protéines végétales, indique Terra Nova dans son rapport intitulé "La viande au menu de la transition alimentaire : enjeux et opportunités d'une alimentation moins carnée". 

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