Apprentissage : les ex-apprentis sont mieux payés et insérés sur le marché du travail que les diplômés de la voie générale

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ÉDUCATION - En vue de la réforme souhaitée par Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, les concertations sur l'apprentissage ont débuté il y a quelques jours. Les premiers chiffres viennent d'être publiés. Si certains sont plutôt mauvais, d'autres sont bons et battent en brèche les idées reçues sur cette voie d'insertion professionnelle.

C'est l'un des paradoxes de l'apprentissage. Le 15 novembre dernier, à l'occasion de la réforme demandée par Muriel Penicaud, la ministre du Travail, France Stratégie, un organisme public rattaché à Matignon, a dévoilé une étude sur le sujet aux différentes parties prenantes de la concertation - organisations patronales et syndicales ainsi que les Régions. Elle montrait que 56% des Français pensaient que l'apprentissage avait une mauvaise image. Mais qu'à l'opposé, 81% d'entre eux estimaient qu'il permettait de trouver un emploi plus facilement. 


Une idée pas si loin de la réalité, quoiqu'en pense le PDG de Veolia qui, on en s'en souvient, avait déclaré il y a quelques semaines sur France Info que ses enfants n'étaient pas passés par une filière apprentissage car ils étaient "brillants". Selon France Stratégie, les salariés sortis de l'apprentissage trouvent en effet plus facilement un emploi et sont généralement mieux payés que leurs collègues qui, à diplôme équivalent, ont étudié dans une voie générale.

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VIDÉO - L'apprentissage, toujours victime des idées reçues ?

Les secteurs qui recrutent le plus

Parmi les secteurs qui recrutent le plus d'apprentis, on peut citer notamment : le bâtiment et la construction ; le commerce, l'hébergement et la restauration ; l'industrie agro-alimentaire ; l'activité administrative ; le soutien aux entreprises ; la coiffure et la beauté et enfin, l'entretien, la réparation et le commerce automobile. 

Les "bons" chiffres de l'apprentissage

Consultée par l'AFP, l'étude de France Stratégie dévoile notamment plusieurs chiffres démontrant l'efficacité de cette voie d'étude, pourtant mal aimée. Au cours de l'année 2016, le taux d'emploi était ainsi systématiquement plus élevé pour les apprentis dans les sept mois après la sortie de leur formation. Et cela, sur tous les niveaux d'études, du CAP au BTS en passant par le Bac Pro (diplômé ou pas). 


Niveau rémunération, l'apprentissage enregistre, là aussi, des chiffres prometteurs : trois ans après la sortie du système éducatif, les salaires sont en effet plus élévés pour les diplômés du CAP, BEP, BTS, grandes écoles ou Bac et au-delà, estime cette fois le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq). De quoi balayer d'un revers de main les idées reçues sur le sujet. 

Les "mauvais" chiffres de l'apprentissage

Et aussi surprenant que cela puisse paraître malgré ces chiffres plutôt encourageants, 20% des contrats d'apprentissage sont abandonnés, indique France Stratégie. Des chiffres élevés mais toutefois en baisse. En 1995, on chiffrait en effet un taux de rupture de 25%. 60% des apprentis estiment aussi ne pas avoir reçu de conseils pour la suite de leur carrière de la part de leur tuteur ou maître d'apprentissage. 

L'étude montre également qu'il y a "une baisse des vœux vers l'apprentissage et l'enseignement professionnel au profit de la voie générale ou technologique". Selon elle, cela est notamment dû au "déficit" d'image de cette voie. D'après les chiffres avancés par Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, "seuls 7% des jeunes français sont en apprentissage quand tous les pays qui ont vaincu le chômage de masse affichent un taux de 15 à 20% d'apprentis". Et le ministère estime que l'on est encore loin du but, à savoir les chiffres fixés par le gouvernement en 2005 pour 2009 : en 2016, on dénombrait seulement 412 300 apprentis dans l'Hexagone alors que l'objectif était de 500 000 pour 2009. 

Le calendrier

Le projet de loi de cette réforme annoncé par la ministre du Travail devrait être présenté au Parlement au printemps prochain. La remise du rapport de France Stratégie est prévue pour fin janvier-début février à Muriel Pénicaud, Jean-Michel Blanquer et à la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. 


D'ici là, quatre groupes de travail réunissant partenaires sociaux et Régions vont donc poursuivre leurs discussions, débutées le 16 novembre. Ils planchent sur "le parcours de l'apprenti", "les entreprises et l'apprentissage", "la gouvernance et le financement" et "l'offre de formation et de certification". Ils se réuniront quatre fois d'ici au 18 janvier 2018. 

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