Après l’affaire Lactalis, la commission d’enquête parlementaire veut muscler les contrôles sur les industriels

Après l’affaire Lactalis, la commission d’enquête parlementaire veut muscler les contrôles sur les industriels

SÉCURITÉ ALIMENTAIRE - Six mois après la contamination à la salmonelle de 36 nourrissons qui avaient bu du lait infantile produit par l'industriel Lactalis, la commission d’enquête rend son rapport ce mercredi.

"L'auto-contrôle n'est pas suffisant." C’est ce qu’a indiqué mercredi sur Europe 1 Christian Hutin, le président de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Lactalis. Le constat qu'il dresse au micro de la radio est aussi celui du rapport qu’il pilotait et qui est rendu ce mercredi. 

L'idée : comment éviter les problèmes sanitaires dans l'industrie agro-alimentaire et comment tirer les leçons de l'affaire de la contamination de laits infantiles Lactalis, après que des bébés ont été atteints de salmonellose après avoir consommé un produit fabriqué par Lactalis. L'idée encore : présenter des pistes dégagées pour éviter que ne se reproduisent les cafouillages auxquels avaient donné lieu ces retraits/rappels fin 2017 et début 2018. 

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Contrôler les contrôleurs, et contrôler les contrôlés- Christian Hutin

Au cours des quatre mois d'enquête, les parlementaires ont auditionné des acteurs de l'administration, de la grande distribution, de l'agroalimentaire, du monde agricole ainsi que plusieurs ministres pour tenter de trouver quels étaient les points faibles à améliorer dans ces procédures complexes.

Ce mercredi matin, Christian Hutin a donc présenté les conclusions, sur Europe 1 : il faut "contrôler les contrôleurs, et contrôler les contrôlés" car, "quand un laboratoire a 90% de son chiffre d'affaires qui est lié à une seule entreprise, ça peut poser un problème", a assuré le député du Nord, expliquant que cela figurera parmi les pistes que la commission présentera.

Plusieurs axes de travail

D'après France info, qui a pu consulter le rapport, la commission d'enquête pointe la responsabilité directe de l'industriel, "qui n'a pas su gérer les signaux d'alerte". Elle va notamment préconiser de "toucher au portefeuille" les industriels qui "ne respecteront pas une forme de déontologie et de rigueur sur les autocontrôles". "Une forme de responsabilité pénale" est aussi évoquée.

Les distributeurs sont également pointés du doigt. Pendant plusieurs jours, malgré les procédures de rappel, des enseignes ont en effet continué à vendre du lait Lactalis. "Cela ne doit plus jamais arriver", insiste Christian Hutin. Il envisage  plusieurs pistes : des "crash-test" comme pour les banques, l'utilisation des codes barres et des QR codes pour faciliter les blocages à la caisse, et la formation du personnel. Il demande également qu'un employé par magasin "soit responsable de la santé publique". Troisième piste : la réalisation des contrôles. La commission d'enquête parlementaire propose là-dessus la création d'une police de la santé alimentaire, une entité unique en matière de sécurité alimentaire. Car le président estime qu’il y a pour l’instant une "armée mexicaine" avec "trois ministères : la Santé, Bercy et Agriculture, c'est pas possible". Il y a un moment, "il faut que ce soit très clair : un numéro unique, un site unique, une décision unique".

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