Après la mort de Serge Dassault, Le Figaro pare sa Une de noir

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HOMMAGE - Le milliardaire Serge Dassault est mort ce lundi 28 mai à 93 ans. En plus d'être un grand industriel, il était aussi un homme politique et un patron de presse.

Habituellement blanc sur fond bleu, le quotidien Le Figaro a écrit son nom en noir sur sa Une de mardi. Un hommage à Serge Dassault, président du groupe qui éditait le journal. "La France au cœur", dit cette Une, qui montre l'homme d'affaires saluer le photographe.

L'éditorial raconte "Serge Dassault, [comme] un homme libre". "Avec lui, la France perd un de ses grands serviteurs; l'aéronautique française, un capitaine d'industrie aux succès éclatants", écrivent le directeur général du Figaro Marc Feuillée, et son directeur des rédactions Alexis Brézet.


"Serge Dassault portait sur notre groupe et ses collaborateurs un regard chaleureux et attentif. Sa légendaire ténacité, sa conviction que les efforts de long terme payent, dans tous les métiers, nous donnaient une grande confiance dans l'avenir", se souviennent-ils.

Un interventionnisme assumé pour la ligne éditoriale

L'industriel avait racheté en 2004 la Socpresse (70 titres dont Le Figaro et L'Express) au groupe Hersant, sans faire mystère de son intention de donner son avis sur la ligne éditoriale du doyen des quotidiens français.


"C'était compliqué pour un journaliste de lui dire que oui, il pouvait passer son message mais que tous les jours c'est un peu trop", estime Nicolas Beytout, qui dirige aujourd'hui le journal L'Opinion. Plus récemment, le journal avait été pointé du doigt pour avoir fait le minimum sur les affaires financières et de clientélisme électoral dans lesquelles Serge Dassault était impliqué, tout comme les débuts difficiles du Rafale, l'avion star du groupe Dassault.

De leurs côtés, Marc Feuillée et Alexis Brézet racontent qu'ils évoquaient avec lui les "affaires du journal: les ventes, la publicité, les développements futurs, les investissements... tout ce qui fait la vie d'un grand groupe de presse". "Le Groupe Figaro [...] voit partir celui qui, depuis 2004, dans le respect de son indépendance éditoriale, l'a accompagné sans relâche". 

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