Après la vente record du Salvator Mundi de Vinci, combien vaudrait La Joconde ?

Après la vente record du Salvator Mundi de Vinci, combien vaudrait La Joconde ?

Société
DirectLCI
INESTIMABLE ? - Le "Salvator Mundi", unique tableau de Leonard de Vinci non possédé par un musée, a été adjugé mercredi 15 novembre pour 450,3 millions de dollars pulvérisant le record de la toile la plus chère du monde. Si elle n'est évidemment pas à vendre, la Joconde vaudrait beaucoup plus.

450,3 millions de dollars. Soit 382,3 millions euros. Le "Salvator Mundi", unique tableau de Léonard de Vinci non possédé par un musée, a pulvérisé ce mercredi le record de de la toile la plus chère du monde. Qu'en serait-il pour la Joconde ? La Madone n'est évidemment pas à vendre. Mais quelle serait pour autant sa valeur s'il fallait l'estimer ? D’après les cabinets d’expertise, sa valeur est évidemment "incommensurable". La Joconde n’a pas de prix. Mais s’il fallait néanmoins en donner un, le cabinet Expertissim, spécialisé dans l'antiquité et les œuvres, l’a estimé en 2015 à... 2 milliards d’euros, faisant de l'huile de Vinci l’œuvre la plus chère au monde. 


"Le tableau du début du XVIe siècle susciterait en effet à lui seul près de 20% des visites du Louvre", indiquait à l'époque Le Parisien. En 2016, le site de France estimations reprenait les mêmes arguments, et indiquait également que "si nous devions mettre un chiffre devant, le tableau de la Joconde son estimation serait entre 1 à  2 milliards d’euros." Une estimation faite bien avant la folle vente de cette semaine. 

Quand les artistes deviennent des marques cotées en bourse

Car en quelques années, le nom Léonard de Vinci est devenu une marque, et donc une tendance pour les marchés boursiers, au même titre que Basquiat, Chagall, Magritte ou Gauguin, qui ne cessent, eux aussi, de battre des records. Dans le cas du "Salvator Mundi", ce tableau avait en 1958 été vendu 45 livres sterling. En quelques années, son prix est passé de 80 millions à 127,5 millions  puis 450 millions de dollars. Pour atteindre ce prix astronomique, l'oeuvre a bénéficié d’un excellent marketing opéré par Christie's. Et si l’identité de l’acheteur demeure inconnue, beaucoup pensent à cette nouvelle génération d'acheteurs très fortunés, dont certains "achètent de l'art pour faire du bruit", pour "se montrer", décrit un expert américain en évaluation d'oeuvres d'art, sous couvert d'anonymat. "Ces collectionneurs veulent davantage posséder une marque qu'une vraie oeuvre".

Marketing et marchés boursiers

Reste qu’un acquéreur a déboursé un demi-milliard de dollars pour l’acquérir. Pour Todd Levin, directeur du cabinet de conseil en art Levin Art Group, il y a aussi eu un gros travail de marketing : "Christie's a fait un boulot remarquable pour le vendre", dit-il. Pour effacer les réserves que continuait à susciter cette huile datant de 1500 environ, Christie's a appliqué un plan de communication qui jouait au moins autant sur l'aura de l'artiste italien que sur l'oeuvre elle-même, en organisant une grande tournée de l’œuvre tout autour du monde. 


Léonard de Vinci est donc une marque. Il "parle à tout le monde, jeunes et vieux", comme le montre le succès de La Joconde au Louvre ou celui du livre et film Da Vinci Code, souligne Rachel Pownall, professeur en art et finance à l'université de Maastricht aux Pays-Bas. 

En vidéo

Zoom sur : La mystérieuse Joconde de Léonard de Vinci

La Joconde , une oeuvre inaliénable

 

Hors de prix, La Joconde ne sera, dans tous les cas, jamais vendue. La loi française interdit en effet de vendre les objets des musées publics. "Les biens constituant les collections des musées de France appartenant à une personne publique font partie de leur domaine public et sont, à ce titre, inaliénables", stipule l’article 451-5 du code du patrimoine. Pour pouvoir vendre la Joconde, il faudrait donc changer la loi.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter