Après le fiasco Vélib’, la menace Autolib’ : Vincent Bolloré réclame 40 M€ à Anne Hidalgo

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ENDETTE - L’industriel breton demande à Paris et aux communes d’Ile-de-France de prendre en charge une partie de la dette qui s’accumule, sur le service en autopartage Autolib’.

Nouveau coup dur en vue pour Anne Hidalgo ? Les services de transports en partage, qui ont été un temps la marque et le succès de Paris, sous l’ère Delanoë, sont peut-être en train de plomber sa successeure.  Car après le fiasco de l’installation des nouveaux Vélib’, Le Monde révèle que la maire de Paris est confrontée à un dossier tout aussi empoisonné, même si moins évoqué : celui des Autoblib’, qui ont commencé à se déployer dans Paris en 2011, dans la foulée du succès Vélib' apparu en 2007.


Sauf  que, d’après Le Monde, l’industriel breton s'est plaint que le service, déployé sur 97 communes d’Ile-de-France en plus de Paris, soit source d’un "trou financier considérable", que le PDG ne veut pas payer seul. Dans un courrier envoyé le 25 mai dernier, il demande aux communes une somme de 40 millions d’euros par an jusqu’au terme de la délégation de service public en 2023. Des négociations sont en cours entre la Mairie de Paris et le groupe Bolloré, sans résultat pour l’instant. 

Une dette abyssale

Pourtant, d’après le quotidien du soir, qui s’est procuré les chiffres du Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM), chargé du suivi de la délégation de service public confiée à Bolloré, le déficit cumulé en 2013 atteint 293,6 millions d’euros. Sauf que le contrat conclu entre Bolloré et les collectivités prévoit que l’industriel ne prend en charge les pertes que jusqu’à 60 millions d’euros. "Au-delà, les communes sont tenues de lui régler le reste de l’ardoise", précise le quotidien. 


Chaque commune doit contribuer en fonction du nombre de stations Autolib’ installées sur son territoire. Paris en compte la moitié et serait le plus gros contributeur. Suivent ensuite Issy-les-Moulineaux, Nanterre, ou encore Rueil-Malmaison.


Si le nombre d’abonnés est en régulière augmentation, le service souffre d’une faible rentabilité, faite en fonction du nombre de locations et de leur durée. Mais leur nombre a justement tendance à décroître. Autre point compliqué : le système affiche une mauvaise rotation des voitures entre Paris et la banlieue – les banlieusards les utilisent pour rentrer chez eux, ce qui laisse Paris dépouillée à certaines heures où ses habitants en auraient besoin. Et c’est sans parler de la concurrence des VTC, du covoiturage, ou des scooters électriques. 

Quelles solutions, pour relancer ? Le groupe plaide pour la fermeture de 200 stations qu’il estime non rentables parce que peu fréquentées, ou demande des avantages, comme le fait que les voitures puissent circuler dans les couloirs de bus. Mais toutes ces propositions ont été refusées. De son côté, la mairie de Paris reproche  au concessionnaire le mauvais entretien des voitures, qui dissuaderait les clients de les utiliser.


Un comité de conciliation a été créé, sans résultats pour l’instant. Selon les informations du Monde, la mairie de Paris proposait de verser 40 millions d’euros d’ici 2023, des frais qu’elle prendrait en charge seule pour éviter la colère des autres communes, mais qui serait pour solde de tout compte. Une offre rejetée par Bolloré qui réclame 150 millions. Le bras de fer, s'il se poursuit, pourrait aller jusqu’à une résiliation de la concession. Mais les deux parties assurent que les négociations peuvent encore aboutir.

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