Après le suicide de Jean-Pierre, l'agriculteur de l'Amour est dans le pré, ses proches lancent une cagnotte pour sauver sa ferme

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SOLIDARITÉ - Les proche de Jean-Pierre le Guelvout, agriculteur de l’Amour est dans le pré qui s’est donné la mort il y a un mois, ont lancé une cagnotte sur Leetchi. Ils veulent que la ferme du candidat survive. Un combat difficile, mais auquel ils croient.

Il était "festif", "joyeux", "bosseur au grand cœur". Sa ferme, c’était toute sa vie, il y travaillait depuis tout petit. Mais il s’est donné la mort. Usé, à bout. Le suicide de l'agriculteur morbihannais Jean-Pierre le Guelvout, il y a un mois, avait ému la France entière.  Aujourd’hui, ses proches, frères, sœurs, voisins, souhaitent qu’il n’ait pas disparu en vain et veulent poursuivre l’activité de la ferme qu’il tenait avec son frère, à Moréac dans le Morbihan. Ils viennent donc de lancer une collecte, sur Leetchi. "Aujourd'hui, nous avons besoin de vous pour faire face à l'embauche d'un salarié en remplacement de Jean Pierre, pour faire face aux dettes et faire perdurer l'exploitation de Jean Pierre", expliquent-ils sur le site. 

Difficultés économiques, crise du lait...

Car Jean-Pierre, sous le feu des projecteurs lors de l’émission de rencontre de M6, n’est qu’une figure parmi des centaines d’autres qui s’écroulent dans la profession. Chez les agriculteurs en effet, le taux de suicide est supérieur de 20% au reste de la population, deux agriculteurs se donnent la mort chaque jour. Détresse d’une profession en crise, travailleuse mais qui peine à joindre les deux bouts. Avec ces conséquences dramatiques. "Jean-Pierre s'est donné la mort le 14 décembre rejoignant les 300 à 400 agriculteurs qui l'ont fait avant lui dans l'année", rappellent ses proches. 


Jean-Pierre avait repris l’exploitation familiale avec son frère André en 1993. Le début d’une lutte constante pour sortir la tête de l’eau. "Son activité laitière demandait une présence 365 jours par an et il ne prenait pas  de congés, ne pouvant se dégager un salaire suffisant", soulignet ses sœurs et frères. Petit à petit, Jean-Pierre s’est enfoncé. "Les difficultés économiques liées à la crise du lait le contraignaient à produire du lait vendu à 0, 275 euros, et qui lui coûtait 0,35 euros à produire", rappelle sa famille, pour qui cette situation et le "manque de soutien des pouvoirs publics face à la détresse de la profession ont eu raison de lui. " 

"Blasés, usés physiquement et moralement"

Dans Ouest-France, Marie, une des deux sœurs de Jean-Pierre, explique comment elle a vu les deux frères s’écrouler, minés par l’effondrement des prix du lait, les charges - gasoil, aliments, vétérinaire... - qui ne diminuent pas tandis que la trésorerie, elle, se tasse petit à petit, s’amenuise, s’épuise. "Blasés, usés physiquement et moralement, ils ont perdu espoir", raconte-t-elle. Pourtant, ils ont pensé à changer de vie, de voie. Mais pour quel métier ? "Quand on est né dedans, qu’on a la passion de ses terres, c’est impensable."


Depuis la mort de Jean-Pierre, la ferme a continué à tourner. Les voisins, puis les amis de l’association de chasse, se sont relayés pour aider. Mais il a fallu embaucher un salarié, pour seconder André. Ce qui creuse un peu plus le budget. Alors pour que la ferme de Moréac survive dans le temps, il va falloir encore un peu d’aide. C’est pour cela que les deux sœurs de Jean-Pierre, Fabienne et Marie, ont créé une association, "Jean-Pierre", et lancé une collecte. Elle prend la forme d’un appel au secours, ou à solidarité : "Nous lançons un cri du cœur à tous ceux qui pourraient aider André à garder la ferme jusqu’à sa retraite", dit Fabienne dans Ouest-France. "Il le faut, cette ferme, c’est tout ce qu’il reste de Jean-Pierre."

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