Après Lyon, des navettes sans chauffeur en expérimentation à Paris

Après Lyon, des navettes sans chauffeur en expérimentation à Paris

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COUP D'ENVOI - Après la ville de Lyon, Paris a commencé à tester ce lundi des minibus électriques et sans chauffeur. Et si l'expérimentation est un succès, la PDG de la RATP imagine déjà de les développer autour des gares RER.

Ils ont fait discrètement leur apparition dans la capitale. Depuis lundi 23 janvier, deux minibus autonomes, c'est-à-dire sans conducteur et électriques, ont été mis en circulation à Paris pour une période de tests. Pendant un peu plus de deux mois, ces navettes de la compagnie française Easymile devraient transporter gratuitement et sur une voie dédiée sur le Pont Charles-de-Gaulles les passagers entre les gares de Lyon et d'Austerlitz tous les jours entre 14h et 20h.


Pour la PDG de la RATP, Elisabeth Borne, ces navettes "positionnées auprès des gares RER", pourraient d'ici cinq ans "aller chercher les voyageurs, qui du coup n'auraient pas à prendre leur voiture, avec tous les problèmes de parking que ça peut poser".


L'Union internationale du transport public (UITP) s'interrogeait il y a quelques jours dans un rapport de l'impact de ces véhicules. "Conduiront-ils à avoir encore plus de voitures sur les routes, plus d'étalement urbain et d'embouteillages ? Ou à mettre en forme des villes durables, à reconquérir des espaces urbains, à avoir moins de véhicules sur les routes et une meilleure qualité de vie ?" Le risque pourrait être, dans le pire des cas, de voir des voitures autonomes privées se développer, qui continueraient à circuler en attendant leur propriétaire pour éviter d'avoir à payer le stationnement. Mais ce peut être aussi une véritable opportunité pour renforcer les transports en communs, notamment dans les zones mal desservies actuellement.

À Lyon, l'expérimentation a déjà commencé

À Lyon, l'expérimentation a déja commencé en septembre dernier avec la société Navya. Ce service de minibus sans chauffeur circule sur une voie piétonne du nouveau quartier Confluence. La phase de test devrait se poursuivre pendant un an. "Cette période (...) est destinée à tout tester, de la technique au modèle économique", a expliqué Christophe Sapet, président de Navya, qui produit ces véhicules autonomes. Pascal Jacquesson, directeur général de Keolis Lyon, l'exploitant du réseau des Transports en commun lyonnais (TCL) espère alors compléter l'offre locale de tramway et de bus. 

Ils peuvent rouler 24h/24, 7j/7 et 365 jours par an si nécessairePatricia Villoslada, directrice véhicule autonome de Transdev

Certains sites fermés voient également apparaître ces minibus, comme par exemple dans la centrale EDF de Civaux où des navettes Navya, opérées par la société Transdev, permettent depuis le mois d'avril de transporter ses salariés. L'avantage, reconnaîssait au printemps la directrice véhicule autonome de Transdev, Patricia Villoslada, est qu'"ils peuvent rouler 24h/24, 7j/7 et 365 jours par an si nécessaire. Les passagers ne sont plus contraints par un planning horaire".


Et ce type de transport se développe également à l'étranger. L'opérateur ferroviaire allemand Deutsche Bahn en expérimente déjà actuellement. Les minibus Navya devraient prochainement arpenter les rues de Las Vegas. Dubaï, aux Emirats arabes unis. Deutsche Bahn souhaite que 25% de son réseau soit assuré par des moyens autonomes d'ici 2030.

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