Arras : des journalistes communiquent avec des détenus via Facebook

Arras : des journalistes communiquent avec des détenus via Facebook

SOCIETE - Deux journalistes de la Voix du Nord ont eu l'idée d'entrer en contact avec des détenus de la prison d'Arras via le réseau social Facebook. Au cours de leur enquête, ils ont mis en évidence l'omniprésence des téléphones portables dans l'établissement, posant ainsi la question de la surveillance et de la sécurité.

"C'est ki ?" C'est par ce simple message en langage SMS sur la messagerie privée de Facebook que deux journalistes de La Voix du Nord  ont noué contact avec un détenu de la prison d'Arras, dans le Pas-de-Calais. Le prisonnier vient d'être condamné pour trafic de drogue et pianote depuis sa cellule de quatre occupants sur son smartphone. Cela fait deux jours qu'il a été incarcéré...

Rapidement, cette petite conversation fait le tour de la prison. Passées les précautions d'usage - "j'espère t'es pas ami avec les keufs", rapporte le quotidien local dans son enquête publiée ce lundi - les détenus livrent leurs méthodes. "Cela nous a pris une semaine, explique à Metronews Thomas Bourgois, l'un des journalistes. C'est très facile de trouver des détenus sur Facebook. Entrer en contact a été un peu plus dur. Nous avons fait plusieurs demandes d'amis, seulement 3-4 prisonniers ont vraiment répondu."

Des téléphones fournis par "missile"

Interpellés par le nombre d'audiences où des détenus comparaissent pour détention de téléphone en prison, les deux journalistes vont rapidement avoir leur réponse. Les appareils sont obtenus grâce aux "missiles", ces colis jetés par dessus les murs d'enceinte de la prison. "L'établissement d'Arras est particulier, précise Thomas Bourgois. Il est situé en centre-ville, les murs sont assez bas et il est dans une cuvette."

Autant d'éléments qui facilitent les échanges avec l'extérieur. Les détenus disent aussi profiter des caméras hors d'usage ou des largesses de certains gardiens. L'un d'eux, habitué des séjours en prison, va même jusqu'à parler de "Club Med". "C'est de la provocation, indique le journaliste. Il s'agit pour lui de dire qu'à Arras les conditions de détention sont meilleures."

Des surveillants pas surpris

Pour les surveillants, la présence en nombre de téléphones portables est loin d'être une surprise. "Dès qu'on fouille une cellule, on trouves au moins un téléphone", explique Jacques Flahaut, le responsable syndical de l'UFAP-Unsa interrogé par La Voix du Nord , ajoutant qu'il leur arrive d'en trouver six ou sept ou même de surprendre les détenus... "au téléphone".

A LIRE AUSSI >> Arras : des "beuveries" entre détenus à la prison

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Variant Omicron : des signaux "un peu encourageants" sur sa gravité, selon le Dr Fauci

Télétravail, vaccination des enfants... Ce qui pourrait être annoncé à l'issue du Conseil de défense lundi

Un vaccin qui "n'empêche pas la transmission", est-ce vraiment "du jamais-vu depuis Pasteur" ?

Présidentielle 2022 : un premier meeting "à risque" pour Eric Zemmour

Covid-19 : vacances de Noël avancées dans les écoles et rassemblements limités... la Belgique sur le qui-vive

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.