Assassinat d'Agnès : "C'était un enfant adorable", assure le père de l'accusé

Assassinat d'Agnès : "C'était un enfant adorable", assure le père de l'accusé
SOCIÉTÉ

JUSTICE - Le père de Matthieu, rejugé à huis clos devant la cour d'assises de Riom (Puy-de-Dôme) pour l'assassinat et le viol d'Agnès Marin, brûlée, violée et tuée en novembre 2011 s'est exprimé pour la première fois mardi. Le quadragénaire a notamment déclaré ne pas comprendre pourquoi son fils qu'il considère comme ''malade'' a commis ce crime.

''Ses propos me font peur'' a déclaré mardi le père de Matthieu. Pour la première fois, le quadragénaire s'exprimait devant les journalistes pour évoquer le viol et l'assassinat d'Agnès Marin en novembre 2011 au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), dont est accusé son fils.

Matthieu, aujourd'hui âgé de 20 ans, est jugé en appel et à huis clos jusqu'à vendredi devant la cour d’assises de Riom (Puy-de-Dôme). En première instance en juin 2013, il avait été condamné à la perpétuité, décision rarissime pour le mineur qu'il était au moment des faits. Lors du premier procès, il s'était enfermé dans le mutisme le plus complet, mais il a livré ces derniers jours de nouveaux éléments sur ses actes, avec froideur et détachement.

Un ''enfant adorable'', un adolescent ''introverti''

Le père, très ému, a parlé à la presse, dont l'AFP "pour essayer de montrer une autre image" de son fils, "au-delà des faits ignobles qu'il a commis (...): c'est peut-être difficile à entendre mais c'était un enfant adorable, qui nous semblait très intelligent, très curieux de tout, très ouvert".

"Il lui a fallu trois ans pour amorcer un processus où il commence à dire des choses. A nous, il avait très, très peu parlé. Ce n'était pas faute de l'avoir sollicité". Pourquoi de tels actes ? "On cherche tous les jours, tout le temps, on ne trouve pas. On a beau regarder les photos, retracer toute sa vie pour voir si quelque chose nous a échappé mais non, rien", a dit le père de famille.

Certes, "il était introverti mais des ados introvertis, vous en croiserez certainement autour de Riom. C'était un ado qui, on le savait, avait fumé quelques joints, qui portait une casquette à clous, et perçait ses jeans. Mais là aussi, vous en rencontrez des millions", a poursuivi le père.

Demande d'injonction de soin

Le 18 novembre 2011, le corps carbonisé d'Agnès Marin, 13 ans, élève de troisième au collège-lycée Cévenol, établissement privé du Chambon-sur-Lignon, avait été retrouvé dans une forêt sur les indications de Matthieu, placé en garde à vue la veille. Outre des violences sexuelles, l'autopsie avait révélé 17 coups de couteau. La découverte que Matthieu avait auparavant violé, sous la contrainte d'un couteau, une jeune fille de 15 ans en août 2010, dans le Gard, fut pour lui et sa femme "un coup de massue". "Non seulement on est tombés de haut, mais on n'a rien compris".

Les parents de Matthieu demandent aujourd'hui que leur fils, "qui est malade", bénéficie d'une injonction de soins. Requise en première instance par le ministère public, elle n'avait pas été ordonnée lors du verdict. "On veut surtout que Matthieu n'ait jamais la possibilité de reproduire ce qu'il a fait. L'enfermement à vie pour nous ne solutionnerait rien. On n'attend pas qu'il passe Noël avec nous, mais effectivement qu'il soit pris en charge pour être soigné à vie.

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