Viry-Châtillon : Gérard Collomb en visite nocturne chez les policiers

Viry-Châtillon : Gérard Collomb en visite nocturne chez les policiers

RENCONTRE - Un an après le drame de Viry-Châtillon où des policiers avaient été agressés aux cocktails Molotov, le ministre de l'Intérieur est retourné ce dimanche soir sur les lieux, pour rencontrer des membres des forces de l'ordre.

Gérard Collomb entend montrer qu'il est un homme de terrain. Alors que les policiers de Viry-Châtillon, dans l'Essonne, se remémorent le drame d'octobre dernier lorsque plusieurs de leurs collègues avaient été agressés aux cocktails Molotov, le ministre de l'Intérieur a décidé de se rendre sur place, ce dimanche soir, pour rencontrer les forces de l'ordre, dont certains ont commencé le même jour une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de travail. Vêtu d'un gilet pare-balles enfilé sous un blouson siglé "Police" et entouré notamment de policiers de la Brigade anticriminalité (BAC), le ministre s'est rendu vers 23h sur le carrefour où l'attaque a eu lieu le 8 octobre 2016, en lisière de la Grande Borne, cité réputée difficile à cheval sur les communes de Grigny et Viry-Châtillon.

   

Le 7 octobre 2016, deux véhicules de police avaient été pris d'assaut par un groupe d'individus cagoulés et munis de 13 cocktails Molotov, et s'étaient embrasés en plein jour. Deux policiers en étaient ressortis gravement brûlés, deux autres plus légèrement. "Je voulais ce soir rendre hommage aux policiers qui s'engagent tous les jours. J'ai rencontré cet après-midi le policier qui avait été très gravement brûlé qui est aujourd'hui à l'hôpital où il continue à avoir un certain nombre de traitements. Il a un moral extraordinaire", a déclaré à la presse le ministre.

L'hommage de Gérard Collomb aux forces de l'ordre

Le premier flic de France s'était rendu plus tôt au commissariat de Juvisy-sur-Orge afin de rencontrer des collègues du policier blessé. Après avoir abordé leur engagement après le drame, Gérard Collomb a souhaité leur rendre hommage. "C'est un bel exemple de courage et de dignité et je crois que tous nos concitoyens devraient remercier les policiers, les CRS et les gendarmes qui veillent sur leur sécurité", a ainsi affirmé le ministre qui était accompagné pour l'occasion du Directeur général de la police nationale (DGPN) Eric Morvan et de la préfète du département Josiane Chevalier.

   

Depuis l'attaque, 17 jeunes, âgés de 16 à 21 ans à l'époque, ont été mis en examen pour "tentatives de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique". Douze d'entre eux sont toujours en détention. L'agression avait eu un immense retentissement et déclenché une fronde inédite et spontanée de policiers, organisée grâce aux réseaux sociaux et sans les syndicats, pendant quatre mois. Lors de manifestations régulières malgré leur interdiction, principalement à Paris mais aussi en province, les manifestants avaient dénoncé notamment le "laxisme" de la justice, des effectifs constamment sous tension, un régime de légitime défense mal adapté ou du matériel obsolète.

Les policiers demandent plus de réformes

Selon le ministère de l'Intérieur, depuis un an dans l'Essonne, les effectifs policiers ont été renforcés avec 113 gardiens de la paix et 117 adjoints de sécurité supplémentaires. Les fonctionnaires ont également reçu des nouveaux matériels: 309 casques, 400 gilets tactiques, 217 boucliers, 434 armes et 59 véhicules, a-t-on détaillé. Par ailleurs, quelque 900.000 euros, selon la place Beauvau, ont été consacrés à des travaux de rénovation et de sécurisation du commissariat des Ulis. Les policiers avec lesquels le ministre a échangé "demandent d'abord un certain nombre de moyens matériels [...] et puis aussi faire en sorte que l'on puisse avoir une réforme de fond de la procédure pénale", a fait savoir ce dernier. 

   

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Viry-Châtillon : un an après, le désarroi des policiers

"Aujourd'hui, ils ont le sentiment qu'ils arrêtent un certain nombre de gens, qu'ils sont totalement engagés et que, derrière, les choses ne suivent pas. Il convient, comme nous allons le porter avec la garde des Sceaux, de reformer la procédure pénale", a-t-il conclu. Dans l'après-midi, une vingtaine de policiers s'étaient rassemblés devant la mairie de Viry-Châtillon à l'appel de l'association Mobilisation des Policiers en Colère (MPC), formée lors de la fronde. "On a eu une seule avancée notable, la réforme de la légitime défense, et rien d'autre", a déclaré Maggy Biskupski, la présidente de MPC, réclamant notamment "une vraie réponse pénale" contre les délinquants.

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