Attentat de Nice : la responsable de la vidéosurveillance dénonce des pressions de l'Intérieur, Cazeneuve porte plainte

Attentat de Nice : la responsable de la vidéosurveillance dénonce des pressions de l'Intérieur, Cazeneuve porte plainte
SOCIÉTÉ

SÉCURITÉ - La responsable de la vidéosurveillance de Nice affirme avoir subi des pressions du ministère de l'Intérieur, notamment pour faire apparaître dans son rapport la présence de la police nationale, qu'elle affirme ne pas avoir vue sur les vidéos. Bernard Cazeneuve porte plainte pour "diffamation".

Sandra Bertin est la cheffe du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice. Le 14 juillet, c'est elle qui était aux commandes de la vidéosurveillance. Dans une interview au JDD parue ce dimanche 24 juillet, elle dénonce les pressions du ministère de l'Intérieur lors de la rédaction de son rapport suite à l'attentat.

Les accusations sont graves. Sandra Bertin affirme que le cabinet de l'Intérieur lui a demandé un "compte-rendu signalant les points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser que l’on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité". Le souci, poursuit-elle, c'est que "la police nationale était peut-être là, mais elle ne m'est pas apparue sur les vidéos".

"Harcelée pendant une heure"

Par la suite, son interlocuteur de l'Intérieur, "une personne pressée", lui demandera "une version modifiable du rapport". "J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vues à l’écran. A tel point que j’ai dû physiquement renvoyer du CSU l’émissaire du ministère !" explique Sandra Bertin.

Ce témoignage fait écho à l'enquête de Libération , datée du 20 juillet, qui affirmait que "la promenade des Anglais n’était pas protégée par la police nationale le 14 juillet au soir". Bernard Cazeneuve a saisi l'IGPN pour une enquête dont les conclusions devraient être connues la semaine prochaine.

Ordre d'effacer les enregistrements vidéos ?

Sandra Bertin aborde un autre sujet suscitant la polémique : "Quelques jours plus tard, la sous-direction antiterroriste m'a demandé d'effacer les bandes des six caméras que j'ai mentionnées dans mon rapport, celles qui ont filmé la tuerie". Elle explique que "pour les besoins de l'enquête", il lui a été demandé "d'extraire huit jours de bande sur 180 caméras" et que désormais "il faudrait en effacer certaines pour empêcher leur diffusion au public".

Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour que le ministère de la Justice ne réponde, ce dimanche. Dans un communiqué, le garde des Sceaux se défend de toute volonté de détruire les bandes. Ces enregistrements ont été "saisis [...] et en aucun cas détruits", affirme-t-il. Le ministère de l'Intérieur annonce quant à lui que Bernard Cazeneuve porte plainte contre Sandra Bertin pour "diffamation" contre ce qu'il a qualifié de "graves accusations".

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