Attentat de Nice : les révélations qui relancent la polémique sur la sécurité

Attentat de Nice : les révélations qui relancent la polémique sur la sécurité
SOCIÉTÉ

SECURITE - Dans une enquête publiée par "Libération", le quotidien affirme qu'une seule voiture de police municipale barrait l'entrée de la zone piétonne de la Promenade des Anglais, où est arrivé le camion utilisé pour l'attentat du 14 juillet à Nice. Information qualifiée de "contre-vérité" par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Le ministère de l’Intérieur a-t-il menti sur le dispositif de sécurisation mis en place le 14 juillet sur la Promenade des Anglais à Nice ? C'est la question que pose l'enquête du quotidien Libération qui revient sur le déroulement de cette tragique soirée. Contrairement à ce qu'a affirmé le ministère, écrit le journal, l'entrée du périmètre piéton de la promenade des Anglais n’était pas protégée par la police nationale le 14 juillet au soir.

D'après le quotidien, une seule voiture de police municipale barrait l'accès à la zone piétonne par où est entré le camion utilisé pour l'attaque qui a fait 84 morts. Une information qualifiée de "contre-vérité" par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Une vive polémique opposait déjà la municipalité LR de Christian Estrosi (1er adjoint) au gouvernement sur le dispositif de sécurité mis en place au moment des faits. Elle vient d'être relancée. 

Pas de police nationale à l'entrée de la zone piétonne

Selon une source policière, citée par Libération, qui a pu visionner les images de la vidéosurveillance, un seul véhicule de police barrait la chaussée côté mer, là où l'artère devient piétonne : celui des agents municipaux, Le quotidien indique qu'aucun membre de la police nationale n'est alors présent puisque ces derniers "ont été relevés aux alentours de 20h30 par leurs collègues municipaux". 

Au moment où le tueur, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, contourne à bord du camion le barrage de Gambetta en montant sur le trottoir, les premiers hommes de la police nationale sont, eux, placés au cœur de la zone piétonne, à 370 mètres plus à l’est, près de l’hôtel Westminster. Le suspect a néanmoins déjà commencé son carnage sur la Promenade des Anglais bien en amont de la zone piétonne. Il est en effet 22h33 lorsqu'un équipage de la police municipale, qui n’était pas affecté au dispositif de sécurité spécifique au 14 Juillet, est en pleine intervention près du Centre universitaire méditerranéen. Il aperçoit alors un camion circuler à grande vitesse sur le trottoir. Mohamed Lahouaiej Bouhlel roule déjà à près de 90 km/h et a déjà fait de nombreuses victimes. 

Réalité travestie ?

Si Libération note que, le soir du 14 juillet, "le dispositif constaté est exactement celui qui avait été prévu" lors des trois réunions présidées en amont sur la sécurité autour du feu d'artifice par la préfecture des Alpes-Maritimes, "celui décrit a posteriori par la place Beauvau et la préfecture" n'est pas le même, "ces derniers assurant qu’il y avait une présence de la police nationale à l’entrée de la zone piétonne". Bernard Cazeneuve n'a pas tardé à réagir via un communiqué dans lequel il explique que ce premier barrage franchi par le camion était un "point de déviation de la circulation et de contrôle visuel", et que "la police municipale avait comme prévu relevé la police nationale sur ce barrage mentionné par le journal à 21h00".

Il assure également que la police nationale sécurisait bien l'entrée de la "zone événementielle de la Prom'Party en tant que telle" en tenant un "point de contrôle et de protection" avec deux voitures "stationnées dans le sens longitudinal". "Six policiers nationaux" étaient présents à cet endroit et ont été "les premiers intervenants face au camion meurtrier", ajoute le ministre. Le ministre de l’Intérieur "confirme donc que l'accès à la zone piétonne de la Prom'Party sur la Promenade des Anglais était sécurisé par un barrage de la police nationale". 

"Pas d'effectif de police nationale"

Un point-presse est prévu jeudi matin par le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) des Alpes-Maritimes "pour revenir, documents et cartes à l'appui, sur le dispositif du 14 juillet".Mais il en faudra peut-être plus pour éteindre la polémique. Europe 1 a interrogé ce jeudi matin Sarah Baron, policière municipale à Nice et secrétaire nationale adjointe du syndicat FO. Et elle confirme les informations de Libération : "la police municipale a pris son service à 19 heures sur site et il n’y avait pas d’effectif de police nationale. A l’instant où le camion pénètre sur le trottoir et qu’il s’engage dans la zone réservée, on a des policiers municipaux qui sont en coupure de circulation, avec un véhicule et des barrières posées par les services de la Ville".

EN SAVOIR + >> 

>> Attentat de Nice : cinq personnes présentées à la justice 
>>  Attentat de Nice : ce que l'on sait de la préparation de l'attaque par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel

>>  Qui sont les victimes de l'attentat de Nice ?
 >>  "On aurait dit que c'était fini pour lui", raconte un voisin du tueur

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent