Attentat de Nice : privée de RSA après la mort de sa fille, l'appel de Margaux a été entendu

Attentat de Nice : privée de RSA après la mort de sa fille, l'appel de Margaux a été entendu

SOLIDARITÉ - Les pouvoirs publics ont annoncé ce jeudi qu'ils allaient aider financièrement une jeune maman qui a perdu sa fille le 14 juillet et dont le RSA a ensuite été supprimé. Pour la CAF, elle n'a en effet plus d'enfant à charge, ce qui lui ferme ses droits.

Elle avait perdu son enfant cet été dans l'attentat de Nice. Conséquence administrative : le RSA lui a été retiré. La détresse de Margaux, la jeune maman de Léana, deux ans et demi, décédée le 14 juillet dernier, a ému. Sa situation a-t-elle été entendue par les pouvoirs publics ? Il semble que oui.

Au cours d'une conférence de presse ce jeudi, le président du Département des Alpes-Maritimes Eric Ciotti (LR) s'est en effet dit "choqué" et "révolté" de la situation de la jeune femme.  Il a reconnu que cette suspension "répondait un cadre légal" : "La CAF des Alpes-Maritimes n’a fait qu’appliquer la loi, froidement, mais en parfaite conformité avec sa lettre", a-t-il indiqué.  C’est en effet uniquement l’existence de son enfant qui permettait à Margaux, en formation d'assistante maternelle, d’ouvrir ses droits au RSA. Son enfant disparu, ses droits lui ont donc été retirés. 

"Cette mesure apparaît brutale et inhumaine en ce qu’elle ajoute à une douleur morale  une forme de sanction financière",  a estimé Eric Ciotti.  En l’occurrence, le Département n’a pas la possibilité d’agir directement sur une décision qui relève de la CAF. Mais il indique mettre "tout en œuvre" pour améliorer la situation de la jeune femme. Une aide exceptionnelle de 4400 euros, équivalent à 6 mois de RSA, devrait ainsi être votée en assemblée vendredi. Elle sera renouvelée tant que sa situation n’aura pas évolué. Le député veut aussi déposer un amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2017, pour que les parents ayant perdu un enfant puissent conserver le RSA six mois supplémentaires. 

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Une pétition pour soutenir Margaux

 Il y a quelques jours, Margaux, 22 ans, avait confié sur France 3 Côte d'Azur son retour difficile à la vie. Et fait le parallèle avec une actualité : "J'ai eu le malheur de voir qu'un fichier S radicalisé est sorti de prison, et a droit aux minimas sociaux, et donc au RSA", disait Margaux devant la caméra. "Lui y a droit, et moi j'ai perdu ma fille à cause de ce genre de personne, et aujourd'hui je n'ai plus rien." Sa situation avait interpellé, une pétition étant même lancée mardi pour la soutenir. Cette pétition a très vite tourné : elle atteignait mercredi 2000 signatures, et avait dépassé ce jeudi matin les 6500.

Outre le Département, la Ville de Nice est désormais également "personnellement en contact" avec Margaux et indique mettre à sa disposition toutes les structures qui pourraient l’aider. "Cette jeune femme de 22 ans  est certes accompagnée, mais encore en très grande souffrance et il est essentiel d’aller à son rythme comme elle l’a souhaité", souligne la Ville à LCI.  Margaux sera reçue, quand elle le souhaitera, par les services de la cpmmune pour l’aider à trouver une réorientation professionnelle. "Toutefois, dans l’immédiat, elle doit au préalable faire le point avec son médecin psychiatre avant de  se réengager dans une formation ou un parcours professionnel, afin que celui-ci évalue avec elle, sa capacité à s’impliquer dans une formation ou la recherche d’un emploi", relève la mairie. Elle précise également étudier son dossier avec le CCAS (Centre communal d’action sociale) afin de voir ce qui peut-être fait pour la soutenir financièrement. Elle pourra ainsi bénéficier d’une aide de 500 à 1000 euros en fonction de l’évaluation  de sa situation et de ses besoins. 

Il y a des choses qui bougent- Vincent Delhomel, de l'association La Promenade des Anges

"La situation de Margaux s’arrange. Il y a des choses qui bougent", se réjouit, par téléphone, Vincent Delhomel-Desmarest, secrétaire général de l’association des victimes Promenade des Anges. "Du point de vue municipal, on commence à avoir un peu de vision. Du côté des aides du Département, les choses sont en train de se mettre en place. Mais on ne débloque pas des budgets du jour au lendemain. Ca prend du temps… On n'a pas fini de voir les conséquences sociales. Ce camion était comme un caillou dans l’eau, avec des ondes qui se propagent, de plus en plus larges", dit-il.

Car Margaux n’est pas la seule à souffrir d’une situation plus que précaire, qui s’ajoute au deuil. La Ville a mis en place une Maison des victimes, un service d’accueil et de suivi des victimes et de leurs proches. Elle propose un accompagnement spécialisé,  et aide aussi dans les besoins matériels, tels que recherches de nouveaux logements, d’école… 

Pour aider financièrement les proches des victimes, d’autres actions sont engagées. Une vente aux enchères, dimanche dernier, a permis de récolter 160.000 euros. Une collecte de fonds lancée le 19 juillet a aussi permis de récupérer d’ores et déjà 255.000 euros. La scolarité sera gratuite en 2016-2017 pour les enfants dont un parent est décédé. Enfin, un Comité pour la mémoires des victimes du 14 juillet 2016 va être mis en place, avec pour mission de "réfléchir sur l’accompagnement social, médical et psychologique des victimes". 

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