Attentat déjoué à Montpellier : les mineurs de plus en plus nombreux dans les affaires de terrorisme

ASPIRANTS DJIHADISTES – L’arrestation vendredi matin dans la région de Montpellier de quatre personnes, parmi lesquelles figure une jeune fille de 16 ans, illustre une nouvelle fois un phénomène de plus en plus visible : celui de la présence de mineurs dans les affaires de terrorisme.

C’est un triste phénomène qui se répète : la présence de mineurs dans nombre de récentes affaires de terrorisme. Dernière preuve en date, l’arrestation vendredi matin dans la région de Montpellier (Hérault) de quatre personnes soupçonnées de préparer un attentat à Paris. Quatre individus parmi lesquels figure une jeune fille de 16 ans, qui a prêté allégeance à Daech mercredi dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Une adolescente qui avait aussi, d’après les enquêteurs, exprimé la volonté de partir en Syrie ou de frapper la France. 


Elle est loin d’être la seule. Comme le rapportait le procureur de la République de Paris François Molins à la fin du mois de janvier, le nombre de mineurs mis en examen dans des dossiers terroristes en France a presque quadruplé en un an, passant de 13 à 51. Le magistrat, devenu le visage de l’antiterrorisme français depuis les attentats de janvier 2015, soulignait par ailleurs que 20 mineurs étaient à ce jour identifiés comme des combattants de l’organisation djihadiste. 

2016, une année de bascule

"Face à cette évolution qui a véritablement émergé à l'été 2016, sept juges des enfants sur quinze ont spontanément accepté de se spécialiser dans le traitement de ces dossiers, alors qu'aucun d'entre eux n'avait pu sérieusement envisager une telle perspective l'année précédente", relevait pour sa part  dans le même temps Jean- Michel Hayat, président du tribunal de grande instance de Paris.


Il faut dire que l’année 2016 aura en effet marqué un point de bascule à ce niveau. Au mois d’août, une adolescente de 16 ans originaire de Melun est ainsi mise en examen et incarcérée alors qu'elle se disait, sur le réseau crypté Telegram, prête à commettre un attentat. Une affaire où, comme dans beaucoup d’autres concernant des mineurs ou des jeunes, apparaît le nom de Rachid Kassim, l’un des principaux recruteurs de Daech qui pourrait avoir été tué mercredi


Signe d’une recrudescence du phénomène, en septembre dernier à nouveau, après la découverte d’une voiture chargée de bonbonnes de gaz près de la cathédrale Notre-Dame à Paris, une jeune fille de 15 ans se retrouve mise en cause. Quelques jours plus tard, c’est cette fois au tour de deux garçons, 15 ans eux aussi, soupçonnés de vouloir préparer un attentat, d’être interpellés.  

Les recruteurs profitent de la fragilité des mineurs

"Nous avons des individus de plus en plus jeunes qui à la fois font partie d’une mouvance et, pour un certain nombre d’entre eux, sont prêts à passer à l’acte", soulignait cette semaine sur LCI Driss Aït Youssef, président de l’Institut Léonard de Vinci et spécialiste des questions de sécurité, citant l’exemple de l’adolescente arrêtée près de Montpellier.


Mais pourquoi alors cet intensification du problème ? Pour Serge Hefez, psychiatre à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, la raison est sans doute à chercher du côté des recruteurs de Daech, qui, à l’instar de Rachid Kassim, profitent de la vulnérabilité des jeunes en général, des adolescents en particulier. "Par définition un mineur est fragile", nous expliquait-il récemment. "L’adolescence est une période de transformation, de quête d’identité, de mutation ; c’est parfois très douloureux. Et les rabatteurs de l’[organisation terroriste] Etat islamique le savent, ils connaissent ces failles."  

En vidéo

Projet d’attentat déjoué : 4 interpellations, dont une mineure de 16 ans

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Projet d'attentat déjoué dans l'Hérault

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter