Nice : un an après l'attentat, les touristes sont de retour et il n'y a pas eu de "seconde peine"

Société
ÉCLAIRCIE - Blessée en son cœur le 14 juillet dernier, Nice renaît de ses cendres. Grâce au travail de ses élus et des acteurs du tourisme entamé dans les semaines qui ont suivi l'attentat, les visiteurs reviennent sur la Côte d'Azur.

Le 14 juillet dernier, Nice était frappée par un terrible attentat. Un camion lancé à toute vitesse par son chauffeur fou sur la promenade des Anglais faisait 86 morts et 434 blessés. Juste après la fin du feu d’artifice. Depuis, la ville et ses habitants pansent leurs plaies. Tous diront qu’ils ne pourront jamais oublier ce drame. Inscrit au plus profond de leur cœur, de leur mémoire, et sur ce monument pour l’instant provisoire, installé sur la Prom’. Pourtant, les élus de la région et les acteurs du tourisme l’ont bien compris, il faut se relever, et vite. Depuis août dernier, ils se battent pour que le cœur de Nice et de sa métropole ne cesse de battre après ce cataclysme. Pour que la ville soit toujours aussi belle, vivante et attirante. Au Comité régional du tourisme de la Côte-d’Azur, on nous dit ne pas vouloir "de deuxième peine", une peine économique.

La situation en voie de stabilisation

Inévitablement, le mois de juillet et d’août 2016 ont constitué une période particulièrement compliquée pour le tourisme. -10% enregistrés pour la fréquentation. -20% à -25% pour le chiffre d’affaires de la région niçoise, nous explique Sophie Brugerolles, du Comité régional du tourisme de la Côte-d’Azur. De façon plus générale, la fréquentation des hôtels et résidences de la région a chuté de 3% par rapport à 2015. Aujourd’hui, un an après, la situation se stabilise. "Pour autant, il n’y a pas de cocoricos. Nous avons juste fait notre travail pour éviter que le secteur coule et que des emplois disparaissent, mais il s’agit de respecter la mémoire des victimes", précise-t-elle.

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Un an après l’attentat de Nice, le commerce peine à redémarrer

Depuis le printemps, le tourisme repart toutefois à la hausse. Denis Cippolini, président du syndicat hôtelier Nice-Côte d’Azur, assure avoir connu un mois d'avril "exceptionnel". Grâce à une météo exceptionnelle lors du week-end de Pâques, le taux d’occupation de la ville de Nice a atteint 80%. Mai et juin ont également été de très bons mois avec des taux de réservation similaires à l’année dernière. La météo, mais aussi le festival de Cannes et le Grand Prix de Monaco, y ont joué leur part. "Ça envoie des images qui rassurent à la clientèle, qui voit que de tels événements peuvent se tenir en toute sécurité", explique Sophie Brugerolles.


Les festivals, expositions et spectacles prévus cet été devraient quant à eux poursuivre la reconquête. "Malgré le fait qu’il n’y a pas de célébration à proprement parler de la fête nationale cette année, les élus ont tenu à maintenir les événementiels. La vie continue", assure-t-elle. Pour le moment, le pari semble tenu. Selon Denis Cippolini, le taux de réservation des nuitées au mois de juillet est identique à 2016, quand celui du mois d’août devrait bondir de 5%. "Et, depuis une quinzaine de jours, nous avons beaucoup de groupes de Chinois qui reviennent", se réjouit-il. Les hôteliers comptent également énormément sur les réservations de dernière minute, très courantes depuis quelques temps.

Un gros travail de fond

 Au-delà des événements organisés, un gros travail de communication a été entamé par les équipes du secteur touristique de la Côte-d’Azur après le 14 juillet 2016. "On avait tous en tête les images des plages tunisiennes vides, et on ne voulait pas que cela se reproduise ici. On veut continuer à diffuser une image positive de Nice", explique Sophie Brugerolles. "Tout de suite, nous nous sommes serré les coudes et nous avons retroussé nos manches", affirme de son côté Denis Cippolini. Une grande campagne a donc été lancée, notamment à destination de certains pays comme le Royaume-Uni, l’Italie ou encore l’Allemagne. Pour attirer de nouveau les touristes étrangers, la région a notamment travaillé avec les compagnies aériennes. En mai 2017, les résultats ont été là puisque Easyjet a enregistré 30% de réservations en plus de la Grande-Bretagne vers Nice.


Pour financer tous ces plans d’action, les élus de la région ont travaillé dès le mois de juillet avec le gouvernement et son agence de développement touristique, Atout France. Au total, c’est une enveloppe d’un million d’euros qui a été allouée à la Côte d’Azur. Une somme rassemblée par la Chambre de commerce de d’industrie (CCI), le département et la région. En novembre, la Côte d’Azur a obtenu une nouvelle enveloppe d’un million d’euros lors de la Conférence annuelle du tourisme. De quoi redonner vie un peu plus à la région.

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