Attentats à Paris : où seront inhumés les terroristes ?

SOCIÉTÉ
FUNERAILLES - Aucun enterrement n’est prévu à ce jour pour les trois terroristes responsables des attentats perpétrés à Paris. Si la loi est claire sur le sujet, on se montre frileux dans les mairies.

Où enterre-t-on des terroristes ? Une question sensible, à laquelle s’offrent plusieurs options. Pour l’heure, les corps de Saïd et Chérif Kouachi, comme celui d’Amédy Coulibaly, djihadistes qui ont causé la mort de 17 personnes au total la semaine dernière à Paris, sont encore conservés dans un institut médico-légal du 12eme arrondissement, le temps que l’enquête se termine. Il sera bientôt temps de décider où ils seront inhumés.

En France, les lois concernant l’inhumation sont strictes. Le défunt peut être enterré dans la commune où il résidait, dans celle où il est mort ou - troisième option - là où existe un caveau de famille. Nous savons que Amédy Coulibaly vivait à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), que Chérif Kouachi résidait à Gennevilliers. Son frère, Saïd, habitait quant à lui à Reims (Marne). Pour l’heure, les mairies concernées affirment à Europe 1 n’avoir eu "aucune nouvelle de ces dossiers". Contactée par Metronews, la mairie de Fontenay-aux-Roses confirme "ne pas avoir reçu de demande de qui que ce soit pour faire inhumer Amédy Coulibaly sur le territoire de la commune."

Lieux de pèlerinage ? 

Et les mairies ne sont pas les seules à être dans le flou. Les familles des terroristes, elles aussi, ignorent encore ce qu’il va advenir de la dépouille de leurs proches. L’avocat de la veuve de Saïd Kouachi précise ainsi au Parisien que sa cliente va a priori "réclamer le corps. Elle aimerait pouvoir lui donner une cérémonie normale, mais je ne pense pas que ce soit possible. En tout cas, ce serait une très mauvaise idée qu’il soit enterré à Dammartin-en-Goële". De son côté, la veuve de Chérif souhaite que les frères Kouachi soient enterrés à Gennevilliers, lieu de résidence de son mari, selon Le Parisien. Une inquiétude demeure en tout cas dans les communes concernées : que les sépultures ne deviennent des lieux de pèlerinage pour les aspirants au djihad. Afin d’éviter cela, les tombes peuvent être rendues anonymes. Il est possible qu’une présence policière soit également requise lors des obsèques.

Reste que s’il est finalement décidé que les terroristes doivent être inhumés dans la commune où ils ont été tués, les élus n’auront pas grande marge de manœuvre pour s’y opposer. "Si la commune doit obéir, elle le fera mais on préfère éviter" précise au Figaro l’entourage du maire de Dammartin, où sont morts les frères Kouachi. En 2012, le cas Merah avait déjà suscité la polémique. Le maire de Toulouse s’était en effet démené pour que le tueur au scooter ne soit pas enterré dans la ville rose. Nicolas Sarkozy, alors président de la République, avait précisé "qu’il ne voulait pas de polémique avec ça". Mohammed Merah a finalement été enterré dans le carré musulman de Cornebarrieu, non loin de Toulouse.

EN SAVOIR + >> Notre dossier consacré aux attentats de Paris

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