Attentats de Paris : comment les profs vont-ils en parler aux élèves ?

Attentats de Paris : comment les profs vont-ils en parler aux élèves ?

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EDUCATION - Les enseignants de France seront confrontés lundi matin à des élèves qu'il faudra rassurer et à qui il faudra expliquer les attentats de Paris. Pour les aider, le ministère de l'Education nationale met à leur disposition des ressources pédagogiques spécifiques.

Les écoliers de France observeront lundi, comme les adultes, une minute de silence. Un hommage aux victimes des terribles attentats de vendredi soir qu'il faudra bien leur expliquer. "En tant que professionnel de l’éducation, vous serez dès lundi devant vos élèves, ( ) auxquels rien de cette tragédie n'aura échappé et qui vous interrogeront sans aucun doute", écrit la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem dans un "message à la communauté éducative" , où elle invite les enseignants à répondre "favorablement aux besoins ou demandes d'expression".

Une tache très difficile, en particulier pour les instituteurs et professeurs parisiens. "On n'aborde pas les choses de la même manière quand on est aussi proche du drame, souligne auprès de metronews Jérôme Lambert, enseignant dans le XXe arrondissement de la capitale et secrétaire départemental du SNUipp-FSU-Paris, le premier syndicat d'instituteurs. Nous avons nous-mêmes été frappés par ce qui s'est passé dans notre ville. Et on ne sait pas avant d'arriver dans l'école lundi matin si des élèves ou des personnels ont été directement touchés". Pour les aider le ministère, qui va mettre en place des cellules médico-pychologiques dans les établissements où certains auront été "particulièrement affectés" , renvoie les enseignants vers des ressources pédagogiques mises à disposition dès samedi soir sur le site Eduscol , destiné aux professionnels de l'Education. 

"Le principal sera de libérer la parole"

Pour "organiser le dialogue avec les élèves" de la maternelle jusqu'au lycée - un échange "d'au moins une heure est recommandé" -, le site donne "quelques principes pour aborder une actualité violente" avec eux. Par exemple "moduler son attitude pédagogique" selon leur âge, en ne sous-estimant pas, "y compris chez les très jeunes enfants, leur capacité à saisir la gravité des situations", ou être "attentif au 'niveau de connaissance' que les élèves ont de l'évènement". Le portail explique également comment "anticiper d'éventuelles réactions hostiles" - les enseignants sont notamment invités à faire référence "à la réprobation collective, nationale et internationale", sans entrer en discussion polémique avec l'élève concerné. De manière générale, il conseille de "rendre les élèves actifs" en les faisant débattre, dessiner, écrire... Et il laisse aux enseignants toute latitude pour organiser comme ils le souhaitent le temps de recueillement qui sera observé.

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"Ce ne sera pas forcément une minute de silence dans la cour, cela peut être des moments organisés dans chaque classe au même moment", commente Jérôme Lambert, qui se félicite de cette liberté donnée aux enseignants et du fait que le ministère ait été plus prompt à organiser les choses que lors des attentats de janvier. "Nous discuterons lundi matin au sein de chaque école de la manière dont on s'organise, poursuit-il : certains se sentiront plus libres pour un débat, d'autres utiliseront des journaux ou des dessins. Le support divergera en fonction de l'âge des élèves, de ce qu'on a déjà pu faire avec eux et de l'outil avec lequel nous-mêmes, professionnels de l'éducation, sommes le plus à l'aise". Mais pour tous, conclut Jérôme Lambert, "le principal sera libérer la parole".

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