Attentats de Paris : "Le risque d'une attaque chimique est assez faible"

Attentats de Paris : "Le risque d'une attaque chimique est assez faible"

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INTERVIEW - Selon le Premier ministre Manuel Valls ce jeudi matin, le risque d'un attentat chimique ou biologique n'est plus à exclure sur le sol français. Une menace que nous détaille Olivier Lepick, spécialiste des armes NRBC à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).

Le risque d’un attentat à l’arme chimique ou biologique en France est-il avéré ?
Le Premier ministre a raison sur le fond, c’est un risque réel. Mais même si à titre personnel, je pense qu’il est assez faible, il faut s’y préparer. La collusion entre la publication de l’arrêté sur le sulfate d’atropine (ndlr : la distribution par la pharmacie des armée à l’attention des services d’urgence de ce médicament, antidote aux armes bactériologiques, est autorisé depuis samedi ) et les attentats de vendredi a clairement exacerbé cette éventualité. Mais l’arrêté était dans les tuyaux administratifs depuis de très longs mois, c’est une simple coïncidence.

La seule raison pour laquelle nous devons rester vigilant, c’est qu’il a été révélé il y a quelques semaines, à savoir que Daech avait effectivement utilisé du gaz moutarde sur des théâtres syrien et irakien. Notamment le 21 août dernier dans la province d’Alep. L’information est suffisamment inquiétante pour ne pas négliger ce risque, connu depuis l’attentat de la secte Aum dans le métro de Tokyo en mars 1995.

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De quelles armes parle-t-on concrètement ?
Il existe trois catégories principales. Tout d’abord les vésicants, notamment le gaz moutarde, qui a été utilisé durant la Première guerre mondiale et récemment, donc, par Daech à partir de stocks résiduels irakiens ou syriens. Ensuite, les suffocants comme le chlore, utilisé au Moyen-Orient par le régime syrien avec ces bonbonnes larguées sur les civils. Mais ce dernier est sans doute des milliers de fois moins toxique que la dernière famille : les neurotoxiques ou organophosphorés, qui disposent d’une toxicité absolument diabolique. On se souvient par exemple du massacre de la Ghouta en août 2013, ce quartier de Damas victime d’une attaque au gaz sarin. Ce sont des substances horribles en terme de toxicité, mais qui reste très difficile à fabriquer. En outre, il faudrait les importer en Europe, ce qui rend ce type d’attentat plus difficile à mener qu’une attaque à la kalachnikov.

Les artificiers, dont la présence est évoquée depuis vendredi en marge des attentats de Paris, ne disposeraient pas du savoir nécessaire ?
Entre un artificier capable de fabriquer une ceinture d’explosifs et un artificier capable de militariser un agent chimique, il y a une grosse différence. Ce ne sont pas les mêmes profils ni les mêmes compétences, il faudrait d’ailleurs plusieurs personnes pour être capable de faire cela. C’est un autre monde en matière de difficulté technique.

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