Attentats de Paris : que faire des dépouilles des terroristes ?

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INHUMATION - Comme les corps de Mohamed Merah ou des frères Kouachi, les cadavres des terroristes du 13 novembre posent question. Seront-ils inhumés en France, en Belgique ? Le lieu sera-t-il public ? "Metronews" fait le point.

Le casse-tête n’est pas encore résolu. Trois semaines après les attentats meurtriers de Paris et Saint-Denis, les corps - ou débris de corps - des terroristes n’ont pas encore quitté les frigos de l’institut médico-légal, quai de la Râpée, à Paris. La question de leur inhumation, quant à elle, reste entière.

Sur le sujet pourtant, la loi française laisse peu de place à l’interprétation. L’article L2223-3 du code général des collectivités territoriales précise ainsi qu’une personne peut être inhumée dans sa commune de résidence, dans celle où elle est décédée, ou ailleurs, dans un caveau familial. Ismaël Omar Mostefaï, Samy Amimour et Hasna Aïtboulahcen, qui étaient français et habitaient en France, ne devraient donc pas quitter le pays. Même chose pour les terroristes du Stade de France, qui, s’ils ne sont pas identifiés, pourraient être enterrés à Saint-Denis, où ils se sont fait exploser.

Pas de permis d'inhumer

Mais à ce jour, contactée par metronews, la commune de Saint-Denis assure n’avoir reçu de nouvelles "ni des familles, ni de la police". A Drancy, où a grandi Samy Amimour, les services de la ville nous informent qu’ils ne disposent pas d’un carré musulman et qu’en outre, ils n’ont reçu aucune sollicitation sur le sujet. Par ailleurs, l’avocat de la famille Amimour, Alexandre Luc-Walton, précise à l'AFP être dans l’attente "de nouvelles de l’Institut médico-légal" et n'avoir toujours pas récupéré "un permis d’inhumer". Enfin, à Courcouronnes, ville d’Ismaël Omar Mostefai, on ne souhaite "pas communiquer ces informations aux journalistes".

De nationalité belgo-marocaine, Abdelhamid Abaaoud devrait quant à lui être rendu aux autorités belges, une fois le travail des médecins légistes terminé. Selon Dhnet.be , la famille du terroriste souhaiterait vraisemblablement le faire enterrer au Maroc. Mais en cas de refus, les proches d’Abaaoud devront se rabattre sur Schaerbeek, commune bruxelloise qui dispose d’un cimetière multiconfessionnel, à l’inverse de Molenbeek, où il résidait.

EN SAVOIR + >> Samy Amimour, kamikaze du Bataclan, se serait exercé au tir dans une association proche de la police

Pèlerinage

Le doute subsiste encore au sujet de Brahim Abdeslam, le kamikaze du Comptoir Voltaire, et Bilal Hadfi, un des terroristes du Stade de France, Tous les deux nés en France, ils résidaient en Belgique. Et pour le moment, personne n'a réclamé leur dépouille. 

Mais que ce soit en Belgique ou en France, demeure toujours cette même crainte : que les sépultures des terroristes ne deviennent des lieux de pèlerinage pour djihadistes en devenir. A l’instar de Mohamed Merah, inhumé dans le carré musulman de Cornebarrieu (Midi-Pyrénées) ou d'Amedy Coulibaly, enterré au cimetière de Thiais (Val-de-Marne), les tombes des terroristes du 13 novembre devraient, dans tous les cas, rester anonymes.

EN SAVOIR +
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