Attentats du 13 novembre : le patron de la Casa Nostra jugé mercredi pour avoir divulgué une vidéo de la fusillade

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PROCÈS - Ce mercredi se tient le procès de Dimitri Mohamadi, le gérant de la Casa Nostra, restaurant parisien visé par les attaques terroristes du 13 novembre 2015. Il est accusé d'avoir divulgué et vendu à un média britannique des images de vidéosurveillance tournées le soir de la fusillade.

Les images avaient fait le tour du monde. Celles de clients affolés se réfugiant dans un restaurant lors des attaques terroristes du 13 novembre 2015 à Paris. Ce jeudi, le gérant du Casa Nostra, Dimitri Mohamadi, va être jugé à Paris pour la divulgation de cette vidéo par le tabloïd britannique Daily Mail.


Ces images sidérantes, tournées à l'intérieur de la pizzeria par une caméra de surveillance pendant la fusillade, avaient été mises en ligne le 18 novembre. Leur diffusion, mais aussi leur vente présumée pour quelque 50.000 euros, avaient suscité une vaste indignation. De nombreux internautes avaient appelé au boycott du restaurant, n'hésitant pas à laisser des commentaires cinglants sur internet pour faire baisser la note du restaurant.


Le Casa Nostra est l'un des huit lieux attaqués à Paris et Saint-Denis le soir du 13 novembre, au cours duquel 130 personnes ont été tuées et des centaines d'autres blessées par des commandos du groupe djihadiste Etat islamique.

Plainte de trois clients

Après la plainte déposée par trois clients, qui se sont reconnus sur la bande et n'ont pas réussi à obtenir le retrait de la vidéo auprès du quotidien britannique, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire fin janvier 2016. Dimitri Mohamadi, le gérant de 45 ans, est accusé d'avoir installé "sans autorisation un système de vidéoprotection" mais aussi de l'"enregistrement et de la divulgation d'images".


Plusieurs autres prévenus - parmi lesquels le "hacker" qui aurait récupéré la vidéo dans le système du restaurant sur une clé USB - sont soupçonnés de "complicité de divulgation d'images de vidéoprotection à une personne non habilitée" et également poursuivis. 

En vidéo

Attentats du 13 novembre : le mode opératoire des terroristes

Pour Jeffrey Schinazi, l'avocat de M. Mohamadi, "c'est un exorcisme public, ce dossier". "Faute de choper les terroristes" de cette nuit-là, "on chope le premier venu, on se trompe de cible", a-t-il affirmé à l'AFP. Selon lui, "la discussion reste entièrement ouverte" sur ce que son client "a fait ou pas fait", concernant la vente présumée de cette vidéo. 

Le Daily Mail avait reconnu "l'acquisition" de la vidéo, affirmant l'avoir "obtenue sur fond de forte compétition entre les médias français et internationaux", mais sans préciser dans quelles conditions il avait mis la main dessus. L'achat de photos ou vidéos pour de fortes sommes d'argent, en particulier lorsqu'elles ont un caractère sensationnel, est une pratique courante au sein des médias, britanniques notamment. 

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