"Au moins, on évite de se faire la bise…" : même dehors, ils refusent d'enlever leur masque

"Au moins, on évite de se faire la bise…" : même dehors, ils refusent d'enlever leur masque

GESTE BARRIERE - Grâce à une embellie sur le front du Covid-19, les Français ont dorénavant le droit de sortir dans la rue sans masque. Sauf que certains d'entre eux, par habitude ou conviction, préfèrent continuer de le porter.

"Vous pensez que le virus a un calendrier, lui ?" Masque ajusté au millimètre sur son nez, Pierre avance d'un pas décidé sur le parvis de la gare du Nord. Ce cinquantenaire, de passage pour la journée à Paris, sait qu'il est désormais autorisé d'ôter en plein air son allié contre le virus. Sauf que, lui, préfère le garder. Et il est loin d'être le seul.

"Regardez autour de vous ; une personne sur deux continue de le porter", assure-t-il. Difficile de lui donner tort : à la mi-journée, de nombreux passants portent encore leur masque. Rien d'étonnant selon Pierre, graphiste à Aubervilliers : "Cela fait plus d'un an qu'on le porte presque tous les jours ! On sait comment ça marche : je sors du RER, même s'il fait chaud et que j'ai envie de l'enlever, je sais qu'il est potentiellement sale et qu'il faut éviter de trop le manipuler."

"Ça ne me dérange même plus"

Devant la gare, Amélie avance elle aussi masquée. Presque sans s'en rendre compte. "Quand j'ai appris mercredi qu'on pourrait l'enlever, j'ai été ravie. Sauf que ce matin j'en ai mis un pour aller travailler, par réflexe… et je n'ai pas ressenti le besoin de l'enlever", témoigne cette caissière, pourtant vaccinée. Ses doses de Pfizer, Gérard les a lui aussi reçues. Attablé en terrasse, ce retraité continue pourtant de vivre avec son FFP2. "Ça ne me dérange même plus", glisse-t-il avant de l'enlever le temps de boire une gorgée de café. "Et puis vous savez quoi ? Au moins, on évite de se faire la bise…"

Un peu plus loin, c'est le grand écart générationnel. Devant le collège Lamartine, l'heure est à la pause déjeuner. Ce qui n'empêche pas de nombreux adolescents de discuter, là encore masqués. "Je n'arrive pas à l'enlever", reconnait Margaux. "On nous a tellement rabâchés de le mettre du matin au soir, ou alors fait flipper pour nos familles, qu'on le garde. Pour l'instant." La collégienne et ses amies le reconnaissent, avec l'arrivée de l'été, pas sûr que les bonnes habitudes perdurent longtemps. Même si le masque va rester obligatoire dans plusieurs cas : recommandé en cas de regroupements, il faut le porter dans "une rue commerçante ou bondée", dans "les tribunes, gradins, à moins de 2 mètres" les uns des autres, a précisé Olivier Véran, le ministre de la Santé, ce jeudi matin.

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"A les écouter, il faudrait l'enlever et le remettre dix fois par jours. Je préfère le garder, au moins je n'oublie pas. Et puis le toucher tout le temps, ce n'est pas très hygiénique, non ?", s'interroge Amélie. Même son de cloche du côté de Pierre qui, s'il envisage de tomber le masque ces prochaines semaines, se voit déjà l'enfiler à la rentrée. "On nous a forcé à le porter depuis un an à cause du coronavirus. Mais il faut reconnaitre qu'il y a eu des avantages. Vous savez combien de fois je suis tombé malade cet hiver ? Zéro." 

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