Autisme : "Mon fils est devenu un élève presque normal"

Autisme : "Mon fils est devenu un élève presque normal"

Société
DirectLCI
TEMOIGNAGE – Dans son livre "D'un monde à l'autre", à paraître le 6 février, Olivia Cattan, maman d'un jeune garçon autiste, raconte ses années de galère pour que son fils vive normalement. Sa bataille la plus rude sera pour scolariser son garçon dans un système qui "discrimine en silence" les enfants atteints d'autisme. Elle revient pour metronews sur ce combat de chaque instant.

C'est le parcours d'une mère combattante. Une longue histoire qui a commencé il y a huit ans, à la naissance de Ruben. Dans son livre D'un monde à l'autre*, à paraître jeudi, Olivia Cattan raconte une histoire qui pourrait être celle de milliers de parents en France, dont l'enfant est autiste. Il y a d'abord les premiers soupçons, en 2008 : son petit garçon, qui ne parle toujours pas malgré ses trois ans, mais qui comprend tout si vite... "Petit génie" ou "handicapé" ? Après plusieurs rendez-vous, le diagnostic tombe : Ruben est autiste. C'est le début de la galère.

"Vous n'imaginez pas combien les parents sont paumés", nous raconte-t-elle, dans son appartement de la banlieue de Paris. "Tout devient compliqué" : les "diagnostics contradictoires", "les médecins et les psys qui s'enchaînent", et puis toutes ces "méthodes comportementales" que l'on tente, pour voir... "On m'a conseillé de mettre Ruben à l'hôpital, mais il n'en était pas question", se souvient Olivia Cattan. Elle décide alors, malgré son handicap, de scolariser son enfant.

"Un écolier presque comme les autres"

Ce fut un nouveau combat : trouver l'école et "un auxiliaire de vie scolaire (AVS), qui l'accompagne en classe". Une condition sine qua non, "que l'Education nationale n'a pas réussi à me fournir". Qu'à cela ne tienne, Olivia Cattan quitte sa profession de journaliste pour devenir la propre "AVS" se son fils. "Je lui expliquais les consignes de la maîtresse, le stimulais dans le travail, le faisais jouer avec les autres", raconte-t-elle. Un job à plein temps, mais qui "valait le coup" : "Ruben est devenu, au fil des années, un écolier presque comme les autres".

Aujourd'hui à la tête de la fondation SOS Autisme en France , Olivia Cattan poursuit son combat. Toutes ces épreuves "m'ont fait perdre la foi en ce système", qui "exclut les enfants autistes" et "les cache dans des hôpitaux", tance cette mère de trois enfants. Quant aux familles, elles "vivent dans la précarité" : "un enfant comme Ruben coûte entre 2000 et 3000 euros par mois", nous lâche-t-elle, avant de conclure, amère : "s'en occuper correctement, cela devient un luxe dont beaucoup doivent se priver".

Seuls 20% des enfants autistes scolarisés

Alors pour sensibiliser l'opinion et convaincre les pouvoirs publics de scolariser les enfants autistes, elle lance une grande campagne ce mercredi 4 février. Sur ce point, la France accuse un terrible retard : seuls 20% des enfants autistes vont à l'école, en France, quand ils sont entre 90 et 100% dans le reste de l'Europe. "Tout reste à faire, au sein de l'Education nationale et dans la société, pour lutter contre ces préjugés sur l'autisme : ils imaginent un enfant violent, incontrôlable, qui ralentit les autres. C'est faux !", s'insurge-t-elle.

Ce combat, Ruben, qui vient d'entrer en CM1, le partage aujourd'hui avec sa maman. Dans une vidéo à l'attention de François Hollande , le petit garçon le dit avec ses mots : "Tu es le président, tu peux faire ce que tu veux. Tu peux ouvrir les portes de l'école, s'il te plaît ? J'ai sept ans et j'aimerais aller à l'école toute la journée (…) Je suis très fort !"

*D'un Monde à l'autre, Autisme, le combat d'une mère", Olivia Cattan, éditions Max Milo, 282 pages, 18,90 euros.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter