Autolib', dès ce jeudi c'est fini ?

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RÉSILIÉ ? - Le service parisien d'autos partagées vit-il ses derniers jours ? C'est très probable, car les élus du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM) doivent se prononcer jeudi à 15h sur la résiliation du contrat avec le groupe Bolloré. Les conséquences pour les usagers et les salariés d'Autolib' sont encore floues.

Les Parisiens vont probablement devoir dire adieu aux petites voitures grises. Jeudi 21 juin, le Syndicat Autolib' Vélib' Métropole (SAVM) va proposer aux 98 communes qui le composent, dont la capitale, de résilier le contrat conclu avec le groupe Bolloré pour ce service de voitures électriques en autopartage, qui souffre d'un déficit récurrent depuis ses débuts en 2011. 


Le SAVM va probablement voter en faveur de cette résiliation, notamment parce que la Ville de Paris y détient 55% des voix. Si ce vote se confirme, le service Autolib' pourrait disparaître à Paris et dans la centaine de communes qui adhère au service. En attendant, une pétition réclamant "le maintien du service public Autolib'" a récolté près de 20.000 signatures et a même reçu le soutien officiel de l'entreprise.

Ça peut s'arrêter dès que nous recevons la notification, jeudi ou lundi au plus tardMarie Bolloré, dirigeante d'Autolib'

Quelle conséquence pour les usagers ? "Le contrat prévoit que le service s’arrête à la date de résiliation. Mais nous attendons que les élus se prononcent et de recevoir la notification. Si c’est le cas, nous verrons les modalités de sortie du service", a indiqué lundi Marie Bolloré, directrice de la mobilité pour Blue Solutions, qui exploite Autolib', dans Le Parisien. Et la dirigeante, également fille de Vincent Bolloré, d'ajouter ce mardi sur Europe 1 que "ça peut s'arrêter dès que nous recevons la notification, jeudi ou lundi au plus tard". Elle précise néanmoins que "pendant ces jours qui nous restent, le but est de prouver que la résiliation serait une mauvaise décision".


Pour la présidente du SAVM, Catherine Baratti-Elbaz, interrogée dans Le Parisien, la suite des événements "dépend en grande partie du groupe Bolloré, avec qui nous devrons établir un calendrier de retrait, fixer les modalités de remboursement des abonnés... En tant que syndicat, nous ferons tout pour que les usagers ne soient pas lésés."

Quelles conséquences pour les salariés ? Quel(s) nouveau(x) service(s) pour remplacer Autolib' ?

Si tout porte à croire qu'il ne sera plus possible de rouler en Autolib' très vite après le vote du SAVM, le remboursement des usagers et la mise en place d'un nouveau service de voiture en autopartage pourraient prendre plus de temps. À ce sujet, Catherine Baratti-Elbaz répond que le SAVM envisage "d’avoir bientôt plusieurs opérateurs, sur le modèle de ce que font les acteurs du free-floating (Cityscoot, Ofo…). Ce sera beaucoup plus souple pour les usagers et ça fonctionnera sans fonds publics".


Autre incertitude : le sort des salariés. "Il y a 254 personnes sous contrat Autolib’. Selon le contrat, ils devront être transférés au syndicat mixte. À cela s’ajoutent 250 personnes dans les filiales du groupe Bolloré qui travaillent pour le service", estime Marie Bolloré. Mais les communes regroupées dans le syndicat mixte avancent que le groupe Bolloré porte "l'entière responsabilité" de ces salariés, et demandent qu'ils soient "reclassés rapidement dans d'autres filiales. Dans les deux cas, il est probable que des licenciements aient lieu. Le groupe d'élus parisiens des Républicains a chiffré entre 15 et 20 millions le coût d'éventuelles indemnités de licenciement pour ces salariés. 

Une résiliation à "quelques dizaines de millions" ou 300 millions ?

À l'origine de ce divorce se trouve le déficit d'Autolib', dont le SAVM et le groupe Bolloré se renvoient la responsabilité. Ce dernier a d'abord réclamé 233 millions d'euros au syndicat mixte, sur les 293 millions de pertes attendues d'ici 2023, date du fin du contrat, pour éponger la dette. Mais le SAVM a donc refusé et a fait savoir qu'il préférait s'orienter vers la résiliation.


La facture finale de cette résiliation fait, elle aussi, débat : selon le groupe Bolloré, elle coûterait 300 millions d'euros aux collectivités, contre "une somme bien plus réduite", de l'ordre de "plusieurs dizaines de millions d'euros", selon Catherine Baratti-Elbaz.

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