Aux fêtes de Bayonne, pour la première fois un endroit pour prévenir et accompagner les victimes de violences sexistes et sexuelles

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STOP - Les grands événements festifs sont aussi une période où les agressions sexuelles et sexistes sont importantes. Les fêtes de Bayonne ne font pas exception. Aussi, cette année, plusieurs associations féministes, en accord avec la mairie, ont lancé une cellule pour prévenir d'éventuelles agressions et accompagner les victimes.

"Cette année, nous voulions que les femmes puissent profiter de la fête sans avoir à y penser", raconte à LCI Sandrine Heckmann, directrice du planning familial des Pyrénées-Atlantiques. Aussi, pour prévenir des agressions sexuelles et accompagner les potentielles victimes, une tente sera installée au cœur des fêtes de Bayonne. Là, à l'abri des regards, plusieurs associations féministes tiendront une permanence. Une première. 


A cette initiative s'est ajoutée l'association Les Bascos, qui lutte contre l'homophobie. "Lutter contre les violences - qu'elles soient sexistes, sexuelles ou homosexuelles - est bien évidemment l'une de nos priorités", nous explique Philippe Casenave, référant social de l'association. 


Au total, cinq associations se sont alliées pour cette première expérimentation. Et avant d'ouvrir, tous les bénévoles ont reçu une formation pour se préparer à réagir, à contacter les bonnes personnes, mais aussi à écouter les victimes. "L'idée, c'est d'être une oreille pour celles et ceux qui en ont besoin, continue Sandrine Heckmann. Puis, si la victime souhaite porter plainte, nous pourrons l'orienter vers l'hôpital pour des examens comme les prélèvements et vers la police dans un second temps". 

Notre stand va permettre de libérer la parole. Sandrine Heckmann

L'an passé, pendant les fêtes de Bayonne, deux plaintes ont été déposées. Dont une pour viol. "C'est très peu, souligne Sandrine Heckmann. Je pense que notre stand va permettre de libérer la parole." 


Mais au-delà de cette écoute, cette initiative a aussi pour objectif de sensibiliser tous les festivaliers sur les questions de harcèlement de rue et d'agressions sexuelles. "Nous voudrions que les hommes soient aussi sensibilisés, qu’ils s’impliquent plus dans la prévention des agressions". D’où le slogan lancé par la mairie "on part ensemble, on rentre ensemble". 


Mais comment se fait-il que la ville n'ait rien mis en place avant ? Interrogé par LCI, Jérôme Aguerre, adjoint au maire UDI de Bayonne en charge des questions de discriminations, assure que depuis dix ans une campagne de prévention est lancée pendant ces fêtes qui accueillent, chaque année, 800.000 personnes. Les vraies nouveautés pour cette édition 2017 sont donc la nouvelle campagne de sensibilisation et cette initiative féministe. Une bonne façon de faire de la prévention, souligne l'élu municipal. En revanche, Jérôme Aguerre reste plus circonspect quant à l'efficacité de la prise en charge d'éventuelles victimes. 

Il reste les actes inciviques de certains hommes, comme une main aux fesses. Jérôme Aguerre

"Il est important de souligner qu'à Bayonne, pendant les fêtes, ce ne sont pas des dizaines de viols chaque année. Il reste les actes inciviques de certains hommes, comme une main aux fesses, mais je ne pense pas qu'il y aura une explosion de plaintes cette année. Ce stand n'a de l'intérêt que dans le cadre de la prévention. Je ne pense pas qu'il aidera pour dénoncer des gestes déplacés." 


Dès ce mercredi, 16 heures, en cas d'agression sexiste, sexuelle ou homophobe, ce stand sera présent devant l'université près de l’esplanade Roland-Barthes) pour accueillir et orienter. Un "geste déplacé" comme une main aux fesses reste une agression sexuelle passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende (Article 222-27 du Code pénal). 

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