Avant Mamoudou Gassama, ces autres héros sans papiers honorés par la France

Société
PRECEDENTS - Mamoudou Gassama, le Malien sans papiers qui a sauvé un enfant à Paris samedi 26 mai, va être naturalisé et intégrer les sapeurs-pompiers en récompense de son geste. Un parcours exceptionnel qui rappelle plusieurs précédents, dont celui de Lassana Bathily, le héros de l'Hyper Casher.

Un acte d'héroïsme récompensé par la République. Après avoir reçu Mamoudou Gassama, l'homme qui a sauvé un enfant de 4 ans de la chute, samedi 26 mai dans le XVIIIe arrondissement de Paris, Emmanuel Macron a annoncé que ce Malien sans-papiers serait naturalisé et intégrerait les sapeurs-pompiers. 


Le "héros", qui a escaladé à mains nues la façade d'un immeuble pour atteindre l'enfant, suspendu au balcon du quatrième étage, a également reçu la médaille d'honneur pour acte de courage et de dévouement, qui récompense celui qui, au péril de sa vie, s'est porté au secours d'une ou plusieurs personnes en danger de mort. 

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Paris : il escalade un immeuble à mains nues pour sauver un enfant suspendu dans le vide

Le précédent Lassana Bathily

Si la façon dont Mamoudou Gassama a sauvé l'enfant est exceptionnelle, ce n'est pas la première fois que la République honore un héros anonyme et sans papiers. Le précédent le plus célèbre est celui de Lassana Bathily, ce jeune homme originaire du Mali qui avait aidé six personnes, dont un bébé, à se dissimuler dans la chambre froide de l'HyperCacher, le 9 janvier 2015, le jour de la prise d'otage terroriste, avant de parvenir à sortir pour informer les forces de l'ordre. 


Lassana Bathily, devenu l'un des visages de l'héroïsme lors de ces attentats, avait été contacté six jours plus tard par François Hollande, qui lui avait annoncé sa naturalisation. La cérémonie, retransmise en direct, avait eu lieu le lendemain même, le 20 janvier.

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Témoignage exclusif de Lassana Bathily, employé héroïque de l'Hyper Casher

Les héros de l'incendie d'Aubervilliers

Le 7 juin 2018, deux ressortissants tunisiens sans papiers, Mohssen Oukassi et Mohamed Khardeni, s'étaient également illustrés, cette fois en intervenant pour sauver plusieurs habitants lors d'un incendie mortel dans un immeuble d'Aubervilliers. Le premier avait lui-même été brûlé. 


Pour ce "comportement exemplaire", ils avaient bénéficié d'une procédure accélérée de régularisation par la préfecture de Seine-Saint-Denis. Contacté un an plus tard par Libération, Mohssen Oukassi témoignait de sa difficulté à trouver un travail et une formation professionnelle, craignant que son titre de séjour ne soit pas renouvelé par la suite. 

Le "héros du Pont Neuf", finalement interpellé

On se souvient peut-être moins de Rachid Djouaed, surnommé "le héros du Pont Neuf" pour s'être jeté dans la Garonne, à Toulouse, en septembre 2014, afin de sauver un homme qui venait de s'y jeter. Les services de la préfecture avaient pris contact avec lui pour l'identifier comme celui qui avait plongé au secours d'un homme. Il n'a cependant pas bénéficié d'une reconnaissance de la République.


Au contraire : l'homme alors âgé de 24 ans, sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français, avait été interpellé en novembre 2014 par des gendarmes en vue de son expulsion. Mais la justice avait décidé de libérer le jeune Algérien de sa rétention, non pour son acte de bravoure, mais après avoir constaté l'irrégularité de l'arrestation. 

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