Avec 1.88 enfant par femme, le taux de fécondité poursuit sa baisse en France

Avec 1.88 enfant par femme, le taux de fécondité poursuit sa baisse en France

DirectLCI
DÉMOGRAPHIE - Selon le bilan annuel 2017 de l'Insee, le solde naturel de la France est le plus faible depuis un demi-siècle. Les raisons : une baisse du taux de natalité depuis trois ans et une hausse des décès liée au vieillissement de la génération du baby-boom.

La tendance se confirme : les Français font moins de bébés. Si l'Hexagone continue d'être le premier pays européen en matière de fécondité, le bilan démographique annuel de l'Insee, publié ce mardi, marque cependant une nouvelle baisse du nombre de naissances.


Au total, 767.000 enfants sont nés en 2017 dans le pays, soit une baisse de 2.1% des naissances par rapport à 2016. La diminution se poursuit au même rythme depuis 2014, année où l'on enregistrait un pic à 814.000 naissances. Le taux de fécondité est désormais de 1.88 enfant par femme, contre plus de 2 dans les années 2000. 

Moins de femmes en âge de procréer

Le premier facteur pour éclairer cette tendance tient à la pyramide des âges. Les femmes de 20 à 40 ans sont moins nombreuses qu'avant : elles étaient 8.4 millions en 2017, contre 8.8 millions il y a dix ans, et 9.3 millions en 1995.


Autre facteur : selon l'Insee, la fécondité diminue désormais de façon plus marquée chez les femmes de 25 à 34 ans. Or elles constituent la génération la plus féconde. Résulat : l'âge moyen à la maternité atteint désormais de 30.6 ans, contre 29.8 ans il y a dix ans. 

En vidéo

ENQUÊTE - Baisse des naissances en France : comment expliquer ce changement ?

Des causes à éclaircir

Tendance de fond ou évolution conjoncturelle ? Sur cette question, l'Insee prend des pincettes. "Il n’est pas encore possible de l’expliquer", précise à LCI Marie Reynaud, cheffe de l'unité des études démographiques et sociales à l'Insee. "S'il s’agit d’une tendance de fond, elle se poursuivra avec un changement notable de l’attitude de la population vis-à-vis de la fécondité. Si c’est un phénomène lié au contexte de la crise économique, il est possible que des couples aient décidé de reporter la naissance d’un enfant en attendant que la situation s’améliore, notamment sur le plan de l’emploi. Si c’est le cas, nous devrions observer une reprise de la fécondité."


Des phénomènes conjoncturels ont déjà été observés dans le passé. La France avait par exemple connu son taux de fécondité le plus bas en 1993, année de récession sur le plan de l'économie, avec 1.66 enfant par femme. 

Les décès en hausse

Cette baisse des naissances, conjuguée à une hausse des décès - 603.000 décès, soit 9.000 de plus qu'en 2016 - confère à la France son solde naturel le plus faible depuis l'après-guerre.  Une tendance qui s'explique, là encore, par la pyramide des âges. "La hausse du nombre de décès en 2017 s’explique par l’avancée en âge des générations du baby boom", souligne Marie Reynaud.  Mais un autre facteur est venu s'ajouter à cette évolution au long cours. "L’épidémie de grippe de la fin de l’année 2016 a conduit à une hausse de la mortalité, soit 14.000 décès en plus en janvier 2017 qu’en janvier 2016", indique la responsable de l'Insee. 


A noter enfin que selon le bilan démographique 2017, l'espérance de vie des femmes est de 85.3 ans - un chiffre relativement stable - et de 79.5 ans chez les hommes, soit une légère hausse depuis deux ans. 

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter