Avec #MeTooGay, la communauté gay témoigne des violences sexuelles

Les témoignages ont commencé à affluer après qu'un internaute ait mis en cause un élu PCF du Conseil de Paris.

PAROLE LIBÉRÉE - Après des accusations de viol et d'agression sexuelle visant un élu de Paris, le hashtag #MeTooGay s'est multiplié sur les réseaux sociaux. Des victimes de violences sexuelles au sein de la communauté gay racontent leurs traumatismes.

"J’avais 11 ans, et un corps d’enfant. Il en avait 16 et demi et un corps d’adulte (…) Ça a duré 6 ans", "C’était un ami de ma mère (…) un homme de 50 ans de plus que moi", "Il m’a menacé de montrer des vidéos de nous à mes parents si je ne lui donnais pas 250€", "J'avais 10 ou 11 ans. On ne m'a pas cru quand je l'ai dit. Ça a en partie flingué mon adolescence"… Les témoignages se multiplient depuis 24 heures autour du hashtag #MeTooGay, en tête des tendances sur le réseau social Twitter, au lendemain de l'accusation de viol et d'agression sexuelle visant un élu PCF du Conseil de Paris.

Après la libération de la parole des victimes d'inceste, suite au témoignage de Camille Kouchner, dont le frère jumeau aurait été abusé par son beau-père, c'est désormais au tour des victimes de violences sexuelles au sein de la communauté gay de s'emparer des réseaux sociaux, suite aux révélations d'un internaute. Le besoin d’une prise de conscience collective, comme le fut en 2017 le mouvement #MeToo, anime ces témoins, anonymes le plus souvent, dont les brefs récits font tous état d’un même traumatisme : celui d’avoir été abusé sexuellement. 

Tout a commencé par le témoignage d'un jeune homme qui a affirmé sur Twitter avoir été violé par à l'âge de 18 ans alors qu'il se trouvait dans une situation particulièrement vulnérable. Il met en cause un élu du 14e arrondissement, Maxime Cochard, et son compagnon. "Je considère qu'ils ont profité de ma jeunesse, de ma naïveté, du fait qu'en raison de problèmes familiaux je n'avais pas vraiment d'endroit où dormir, de leurs responsabilités au sein du PCF pour avoir des relations sexuelles non consenties avec moi", écrit cet internaute, tout en précisant ne pas savoir encore quelles suites donner à l’affaire.

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Le Parti communiste a fait savoir qu'il avait demandé à l'un de ses élus à Paris de se mettre en retrait, sans préciser toutefois le nom de l’intéressé. Maxime Cochard a immédiatement réagi dans un communiqué diffusé sur son compte Twitter. Il dénonce "une accusation totalement fausse" et annonce également des poursuites judiciaires pour diffamation à l'encontre de son accusateur. Mais depuis hier soir, au-delà de cette affaire, les messages de soutien se multiplient sur le réseau social pour saluer le courage de ceux qui réussissent à témoigner. 

Le sujet des violences sexuelles au sein de la communauté gay avait récemment fait l'objet d'une enquête fouillée du journaliste Matthieu Foucher, dans un article pour Vice intitulée "À la recherche de #MeToo gay" mis en ligne en septembre dernier. "La très forte prévalence d’abus sexuels vécus par les gays dans l’enfance et l’adolescence puis l'âge adulte et les nombreuses difficultés spécifiques à en parler", expliquait alors l'auteur de l'enquête sur le réseau social Twitter. Déjà à l'époque, les témoignages recueillies par le journaliste avait suscité l'émoi.

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