Avec la pénurie, faut-il craindre une hausse des prix de l'essence ?

Avec la pénurie, faut-il craindre une hausse des prix de l'essence ?
SOCIÉTÉ

CARBURANT – Alors que 20% environ des stations de l'Ouest de la France ont dû fermer en raison du blocage de raffineries par des chauffeurs routiers opposés à la loi travail, l'économiste Thomas Porcher estime que le risque d'une hausse généralisée des prix est très peu probable. Mais possible dans l'absolu.

Les stations-service vont-elles profiter des problèmes d'approvisionnement pour s'enrichir sur le dos de leurs clients ? Trois jours après le début du blocage de dépôts pétroliers à l'appel de la CGT et de FO, elles sont de plus en plus nombreuses à faire face à des pénuries. Dans l'ouest et le nord-ouest de la France ainsi, une station sur cinq environ serait fermée, selon les estimations de l'Union française des industries pétrolières (Ufip).

EN SAVOIR + >> Pénurie d'essence : quelles sont les stations-service touchées ?

En principe, les tarifs dépendent d'un certain nombre de facteurs : les coûts de production (entre 35 et 40 % du prix), les taxes perçues par l'Etat (50 à 60 % selon le type de carburant), la marge du raffineur et du distributeur, etc. C'est donc essentiellement le prix du baril de pétrole qui fait varier la facture à la pompe. Mais en cette période de disette, certains pompistes pourraient en profiter pour s'enrichir. "En France, les prix sont libres, donc les stations-service peuvent fixer les leurs comme elles l'entendent", explique Thomas Porcher, économiste et auteur de plusieurs livres sur les questions énergétiques, contacté par metronews.

"En 2010, on n'avait pas assisté à un tel phénomène"

Selon lui, il est toutefois peu probable que cela se produise à grande échelle. Pour faire grimper ses prix, une station-essence devrait d'abord pouvoir fournir du carburant à ses clients alors que ses concurrentes n'en auraient plus, ce qui a peu de chances de se produire. "Il faut également se rappeler qu'en 2010, quand un conflit social autour de la réforme des retraites avait entraîné l'arrêt de toutes les raffineries françaises, on n'avait pas assisté à un tel phénomène", tempère encore Thomas Porcher.

Si les stations n'ont pas décuplé leurs prix, des petits malins n'ont eux pas hésité à le faire. En dépit des arrêtés préfectoraux interdisant la vente de bidons d'essence, les annoncent fleurissent sur le site Internet leboncoin.fr, certains allant jusqu'à demander 225 euros pour un bidon de 15 litres ! Mais pas la peine de fermer son Livret A pour rouler quelques kilomètres de plus, estime-t-on au sein du gouvernement. Dimanche matin, Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat aux Transports, a estimé qu'il n'y avait "pas de risque de pénurie (…) pour la semaine prochaine".

A LIRE AUSSI
>>
"Pas de pénurie d'essence" : Sur Twitter, on ne croit pas aux propos d'Alain Vidalies
>> Blocage de dépôts pétroliers : des mesures prises dans plusieurs départements

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent