"Avec Vélib’ 2, on vous fait délibérément préférer le métro !" : 
la crise de nerfs contre le "fiasco" Smovengo continue

"Avec Vélib’ 2, on vous fait délibérément préférer le métro !" : la crise de nerfs contre le "fiasco" Smovengo continue

Société
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CA CONTINUE - Quatre mois après le début du déploiement des nouveaux Vélib', l'association Paris en Selle dresse le bilan. Et il est, selon elle, catastrophique. Pour ne rien arranger, l'opérateur fait face à une grève de ses salariés.

Les temps sont (toujours durs) pour le Vélib’ à Paris. Alors que la municipalité annonçait lors du conseil de Paris de mars avoir pris la mesure du problème, et que les opérations de déploiement se poursuivent, l’association d’usagers Paris en selle dénonce ce vendredi dans un communiqué "un fiasco". 


Depuis quatre mois en effet et la mise en service du nouveau système le 1er janvier, les usagers semblent vivre un calvaire, déplorant à chaque fois bugs divers. Il suffit de taper "Vélib" sur Twitter, et se déroule une véritable chronique, largement partagée sur les réseaux sociaux.  La preuve avec quelques messages postés ces derniers jours.

Service client "inefficace"

Paris en Selle en tire un triste bilan. "Près de 4 mois après son arrivée, le nouveau service continue de multiplier les bugs et les retards", affirme l’association, qui évoque "les mensonges" et l’"incompétence" de l’opérateur Smovengo. Et rien ne trouve grâce. Le nombre de stations censées être en service est "très insuffisant", avec moins de 600 sur les 1400 prévues, ce qui le rend "quasi inutilisable". "La situation est particulièrement dramatique au-delà du périphérique", note Paris en Selle.


Et là où il y a des vélos, ce n'est pas mieux, dénonce-t-elle : "La non-fiabilité du service a atteint de nouveaux sommets avec la nécessité de tester un à un tous les vélos d’une station donnée pour espérer en décrocher un, quand il ne s’agit pas tout simplement de devoir tenter sa chance dans 5 ou 6 stations différentes." A cela s’ajoutent d’"innombrables bugs" lors des restitutions, avec blocage des comptes correspondants.

Pour ne rien arranger, le système Park+, ou 'overflow', vanté par le nouvel opérateur et qui permet en théorie de garer son vélo dans une station pleine, s’avère être "une catastrophe avec des situations ubuesques où les vélos attachés les uns aux autres se bloquent. De plus, les débordements et empilements sauvages sont légion."


Là-dessus, le service client demeure "inefficace" : "Les assistants sont démunis et se contentent généralement de lire des tutoriaux sans pouvoir résoudre les problèmes."  Quant aux tarifs, là encore, l’association s’emporte : "Les touristes et les usagers ponctuels découvrent avec effarement la nouvelle tarification pour les non-abonnés (5 euros la journée, contre l’équivalent d’un ticket de métro auparavant) et la non-disponibilité des terminaux de paiement à chaque station."

Baisse de la rémunération

Petite cerise sur le gâteau, en plus de ces retards, et bugs divers, depuis mardi 17 avril, les usagers doivent faire face à un mouvement social des employés de Vélib’, en charge de la maintenance des vélos et des stations. 


Dans un communiqué, l’entreprise annonce en effet que "la grève perturbe actuellement très fortement le service Vélib'". Des dispositifs d’information des usagers sont déployés, sur l’application et le site internet. Les salariés, dont la plupart sont d’anciens salariés de Cyclocity, filiale de JCDecaux qui exploitait les Vélib' première génération, demandent de recouvrer les conditions de rémunérations dont ils bénéficiaient chez l’ancien exploitant, qui ont été baissées d’environ 700 euros.

En vidéo

REPORTAGE - Vélib' à Paris : le fiasco

Une dernière nouvelle accueillie fraîchement sur les réseaux sociaux, ou avec beaucoup d’ironie. 

Lors du dernier Conseil de Paris, l’adjoint aux Transports, Christophe Najdvoski, pris à partie, avait reconnu un service "convalescent". "Le compte n'y est toujours pas, du point de vue du nombre de stations, mais aussi des qualités du service fourni", avait-t-il précisé, devant une assemblée particulièrement houleuse. 


Selon les derniers chiffres du Syndicat Autolib' Velib' Metropole, le nombre de stations opérationnelles - quelque 500 stations fin mars - est très éloigné de l'objectif initial de 700 stations au 1er janvier et de 1.400 fin mars sur Paris et les 60 communes adhérentes.

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