Bac 2018 : à l'heure des révisions, une spécialiste vous explique comment bien s'y prendre

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DERNIÈRE LIGNE DROITE - Les vacances de Pacques marquent en quelque sorte le top départ pour les révisions du baccalauréat. Nous nous sommes renseignés auprès d'une spécialiste sur la meilleure façon de préparer l'examen.

L'horloge tourne pour les lycéens. Seul un mois et demi sépare désormais les futurs bacheliers de la première épreuve du baccalauréat, qui aura lieu le 18 juin prochain. Pourtant, selon un sondage de Studyrama réalisé auprès de 410 élèves de Terminale, nombreux sont ceux qui n'ont toujours pas ouvert leurs anales...

Un choix qui implique un bachotage intensif en dernière minute. LCI a demandé à l'experte en orientation et rédactrice en chef de Studyrama, Julie Mleczko, quelle était la meilleure façon d'organiser ses révisions.

LCI : 30% des élèves n'ont toujours pas commencé à réviser. Est-ce inquiétant ?

Julie Mleczko : La meilleure des révisions pour le bac, c'est tout de même de suivre ses cours, d'être assidu et de travailler sérieusement. Après, il y a des étudiants qui bachotent au dernier moment et pour qui c'est la meilleure technique même si, à mon avis, ils se mettent un petit coup de stress qui n’est pas forcément super. Ils se disent que s’ils avaient révisé dès le mois de janvier, ils n’auraient pas tout retenu. En tout cas, commencer les révisions maintenant me paraît être raisonnable. C'est le moment de relire ses cours et de faire des exercices en insistant sur les points où l’on rencontre des difficultés. Ce sont des choses qui prennent du temps, certes, mais plutôt que de relire vingt fois son cours, refaites des dissertations ou au moins des plans détaillés, des exercices de chimie, etc… Il n’est pas non plus trop tard pour faire des fiches de révision.

Il ne faut pas trop changer ses habitudes. Ne commencez pas un régime hyper protéiné pour être en forme Julie Mleczko, rédactrice en chef de Studyrama

LCI : 46% des Terminales comptent réviser de 3 à 5h par jour en juin. C'est une bonne idée ?

Julie Mleczko : Travailler d’un seul coup, 5 heures par jour les 15 premiers jours de juin, puisqu’après c’est le bac, ça me parait beaucoup trop. Et ça sort un peu du quotidien alors qu’on dit bien qu’à cette période, il ne faut pas trop changer ses habitudes. Ne commencez pas un régime hyper protéiné pour être en forme. Essayez de manger un peu de tout, comme d’habitude, ni trop gras ni trop salé ni trop sucré. Ne vous mettez pas d’un seul coup à faire du karaté si vous n’en faisiez pas. Ça serait dommage de vous blesser avant le bac. Si vous faites du sport à haut niveau, vous continuez. Si vous faites deux heures de sport par semaine, vous continuez. Ça vous aère, ça vous fait du bien et vous en avez besoin. Je travaille deux trois heures par jour et puis je m’octroie une sortie. C’est, ni plus ni moins, respecter le rythme de l’année. Il ne faut pas s'imposer une vie de none.

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Les stages de révision au baccalauréat sont-ils efficaces ?

LCI : Près de 40% comptent privilégier la révision des matières au coefficient le plus fort. Vous validez cette décision ?

Julie Mleczko : Evidemment c’est une technique qui paye. C'est toujours mieux de se concentrer sur les matières les plus importantes comme la philo, l’histoire-géo, les maths… plutôt que de réviser vos options facultatives qui vont vous rapporter, certes des points, mais pas à fort coefficient. Mais si les élèves choisissent de réviser les matières à plus gros coefficient, qu’ils révisent vraiment tout. Il vaut peut-être mieux voir un peu chaque leçon plutôt que deux leçons à fond et pas les autres. C’est coup de bluff trop risqué.

LCI : 84% des élèves préfèrent réviser seuls. Est-ce vraiment la bonne formule ?

Julie Mleczko : Là encore, ça dépend de la personnalité des gens. Je pense que la meilleure façon c’est tout de même de travailler seul ou avec une personne qu’on connait bien. A deux, si ça passe par le jeu mais qu’on arrive à bosser, ça va. Après, à partir de trois, quatre, cinq, je trouve que c’est trop compliqué. Ou alors il faut vraiment que ça soit des gens assez sérieux et que vous arrivez à rigoler deux minutes - on a le droit à un moment de rigolade - mais après il faut retourner dans le boulot.

LCI : 93% des personnes interrogées veulent réviser chez elles. C'est la bonne chose à faire ?

Julie Mleczko : Tout dépend de votre pouvoir de concentration. Dans une bibliothèque, vous n’allez pas être trop dérangé mais certaines personnes trouvent ça oppressant. Dans un parc, il faut juste ne pas avoir tendance à trop relever le nez. Mais si on y parvient, je trouve ça bien de sortir un peu de la chambre, de s’aérer. Surtout avec les beaux jours. Par contre il ne faut pas faire toutes les révisions dehors parce que je pense qu’à un moment, on est attirés par la vie et c’est normal. Mais normalement, la chambre reste le lieu où l’on est normalement le plus à l’aise. Assis par terre, dans son lit… Finalement c’est notre antre.

LCI : Les vidéos, c'est bien pour réviser ?

Julie Mleczko : Ça peut être bien, notamment là où vous avez des lacunes. Vous pouvez en effet tomber sur quelqu’un de très pédagogue. Par contre, on a souvent trop vite tendance à dévier. On regarde une vidéo sérieuse et puis sur le côté il y en a d’autres qui sont proposées. On commence à cliquer et à tomber dans le tout et rien. Alors c’est sûr, ça permet de se détendre mais c’est histoire de prendre l’air cinq minutes. Je ne pense pas qu’on ne puisse réviser qu’à base de vidéos, même réalisées par des professeurs. Faire soi-même et se mettre en situation avec des anales ou refaire des exercices de cours, il n’y a quand même rien de tel.

Au fond, vous pouvez facilement ménager une place pour les révisions et la Coupe du monde Julie Mleczko, rédactrice en chef de Studyrama

LCI : 60% des futurs bacheliers ne s'estiment pas assez bien préparés par leur professeurs à leurs épreuves...

Julie Mleczko : C’est vrai que cet examen oral devant quelqu’un peut être assez violent. Ce qu’il faut faire, c’est s'entraîner. Vous prenez un ami, votre père, votre mère, votre frère ou votre sœur, peu importe, et vous vous mettez en condition. Evidemment au début, vous allez beaucoup rigoler. Mais à un moment il faut vraiment tester et s'entraîner à regarder la personne dans les yeux et ne pas seulement lire ses notes. La bonne méthode aussi, c’est de se regarder dans un miroir. Comme ça vous voyez vos tocs, vos grimaces, vous voyez si vous souriez assez ou pas, si vous bougez trop les mains. Ce n’est pas un exercice simple et ça prend du temps, donc c’est bien de le faire au moins deux-trois fois dont au moins deux fois avec la même personne. Parce qu’elle va vous voir une fois et vous dire ce qui va et ce qui ne va pas, selon elle, et après vous allez pouvoir essayer de rectifier le tir. Je pense qu’il ne faut pas hésiter non plus à demander aux professeurs.

LCI : Entre Roland-Garros et la Coupe du monde de football, on s'organise comment ?

Julie Mleczko : Il faut agir comme si l’on se donnait une récompense. Si on est fan de Roland-Garros et qu’on doit réviser, le mieux c’est de se dire que l’on va travailler deux heures et regarder un match ensuite. Il ne faut pas se frustrer, car cela va être pire. Finalement vous n’allez penser qu’à ça. C’est comme quand vous dites : "Non je ne vais pas tomber le nez dans le chocolat". Allez manger trois carrés plutôt qu’essayer de vous priver ! Au fond, vous pouvez facilement ménager une place pour les révisions et la Coupe du monde, ou les autres événements sportifs, en sélectionnant tout simplement le match qui vous intéresse le plus. Si vous pensez que vous avez bien travaillé pendant deux heures et demi, vous pouvez vous accorder une heure trente de télé avec des potes et voilà.

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