"Bamboula", une insulte "à peu près convenable" : recadré par Bruno Le Roux, le policier présente "ses plus plates excuses"

"Bamboula", une insulte "à peu près convenable" : recadré par Bruno Le Roux, le policier présente "ses plus plates excuses"
SOCIÉTÉ
POLÉMIQUE - Invité à débattre de l'affaire Théo dans "C dans l'air", jeudi sur France 5, Luc Poignant, représentant du syndicat Unité police SGP-FO, a affirmé que "les mots 'Bamboula'" ne devaient "pas se dire", mais restaient "à peu près convenables". Une sortie raciste qui a évidemment fait réagir.

"Aulnay : la police hors-la-loi ?" C'était le thème, jeudi soir, du débat de l'émission "C dans l'air" sur France 5. L'occasion pour les invités autour de la table de revenir sur l'affaire Théo et le rôle des forces de l'ordre dans les quartiers sensibles. Et pour Caroline Roux, qui anime les discussions, d'interroger Luc Poignant, représentant du syndicat Unité police SGP-FO, sur le témoignage d'une jeune fille. "Elle dit : 'On se fait contrôler, on se fait traiter de Bamboula, on se fait cracher dessus'. Peut-être que cette jeune fille affabule. Il y a aussi cette version-là qui fait qu'on en arrive à des extrêmes comme ça", lance la journaliste.


"La version, j’ai la même. Je veux rester poli mais j’ai la même. Parce que les mots "bamboula", d’accord ça ne doit pas se dire etc… ça reste encore à peu près convenable", lui répond alors Luc Poignant, avant d'être interrompu d'un "non" franc et ferme par Caroline Roux. "Enculé de flic, ce n'est pas convenable non plus", réplique-t-il. "Dans les deux sens, ce n'est pas convenable", rétorque la journaliste. Si son "intervention ferme et immédiate" a été saluée sur les réseaux sociaux, les internautes ont évidemment dénoncé avec force les propos du policier.

Les associations antiracistes montent au créneau

Face à la polémique, les associations antiracistes sont rapidement montées au créneau. "Bamboula est évidemment une insulte", a estimé sur LCI le président du Conseil représentatif des associations noires (CRAN) Louis-Georges Tin avant d'appeler à la démission de Luc Poignant. "Le problème, c’est qu’en France, c’est la police qui est chargée de lutter contre le racisme et que bien souvent, c'est elle qui est à l’origine du racisme", ajoute-t-il.


De son côté Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a jugé ces propos "extrêmement choquants". "Si ce syndicaliste policier a un doute sur le caractère d’insulte de 'bamboula', c’est d’abord qu’il a une très faible connaissance du registre des insultes". Selon lui, il ne s'agit pas d'un "dérapage", mais ça correspond bien à une "pensée". Il appelle le syndicat Unité police SGP-FO à prendre position par rapport à ce type de propos. 


Joint par téléphone, le secrétaire général du syndicat Unité SGP Police (FO) Yves Lefebvre a réagi la polémique, affirmant ne "pas cautionner ce genre de propos". Et d'affirmer : "C’est une phrase que l’on regrette et qui n’est pas en adéquation avec la pensée de Luc Poignant". "Unité SGP Police tient à apporter toutes ses excuses aux personnes qui auraient pu être choquées par ses propos", a indiqué le syndicat dans un communiqué.


"Le mot 'convenable' a été mal choisi de ma part, il ne correspond ni à ce que je suis, ni à l'esprit de mes propos", a acquiescé Luc Poignant sur le site de France Info. "Je tentais de démontrer que pour renouer les liens dans ce contexte tendu, il fallait du respect provenant des deux côtés. Mais si quelqu'un a pu se sentir blessé, je lui présente mes excuses les plus plates : ce n'était pas mon but", a-t-il ajouté.

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