La sécurité de la tour Eiffel renforcée après l'accrochage d'une banderole anti-FN

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FAILLE - À deux jours du second de la présidentielle, l'action coup-de-poing de Greenpeace, qui a déployé une grande banderole anti-FN sur la tour Eiffel, pose question sur la sécurité d'un des monuments les plus visités du monde.

"Quelles que soient les motivations de cette action médiatique, elle révèle d'évidence, dans le contexte actuel, des dysfonctionnements dans le dispositif de sécurité de la tour Eiffel." La formule fait mal, et elle émane de la Préfecture de police de Paris, chargée de la sécurité de la capitale et de la petite couronne. 


Vendredi matin, une dizaine de militants de Greenpeace ont réussi à déjouer le dispositif de sécurité de la tour Eiffel pour déployer une banderole anti-FN de 30 mètres sur 10, suspendue entre deux piliers du monument. Après l'arrestation de 12 activistes et une réunion improvisée avec la Mairie de Paris et la Société d'exploitation de la tour Eiffel, la préfecture de police a annoncé un renforcement de la sécurité de l'édifice.

Pour améliorer la sécurité interne de la tour Eiffel, assurée par la Société d'exploitation, il est prévu un "renforcement immédiat des moyens humains présents au centre de supervision", et le "passage de 2 à 5 équipes cynophiles du service de sécurité". 


Pour la sécurité du périmètre du monument, dont se charge la préfecture de police, celle-ci annonce une "augmentation du nombre de patrouilles avec prise de contact systématique avec les responsables de la sécurité du site", et une "réévaluation du dispositif de vidéo protection".

Comment Greenpeace a escaladé la tour Eiffel

Dans son communiqué, la préfecture de police détaille l'opération de Greenpeace. "À 05h24, une alarme s'est déclenchée pour une intrusion au niveau du pilier nord et a entrainé une intervention des équipes de sécurité de la société d'exploitation. Trois personnes étaient en bas du pilier et une dizaine de personnes, particulièrement bien entrainées et équipées, avait déjà escaladé le pilier."


"Vers 5h30 du matin, douze militants de Greenpeace, dont six grimpeurs, se sont introduits dans l'enceinte de la tour Eiffel, alors que le site n'était toujours pas ouvert au public", explique à L'Express Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. "Une fois sur place, ils ont très vite été repérés par les agents de sécurité (...). Six militants ont tout fait pour les rassurer, en les prévenant d'emblée que nous étions Greenpeace. Pendant ce temps, les six grimpeurs ont commencé à escalader le monument par le pilier."


À 7 heures du matin, des journalistes sur place montraient les activistes toujours suspendus entre les deux piliers. À 8 heures, la banderole était entièrement dépliée. "Un filet de protection a été dégradé" dans l'opération, précise la préfecture de police.

Des patrouilles supplémentaires sur 7 sites parisiens sensibles cet été

À 10h30, le préfet de Police a convoqué une réunion "avec la Ville de Paris et la Société d'exploitation de la tour Eiffel afin d'analyser les faits, d'en tirer les enseignements, et d'adapter en conséquence les instructions qui s'imposent au regard des responsabilités de chacun". 


Pour assurer la sécurité d'un des monuments les plus visités du monde pendant l'été, la préfecture de police a annoncé il y a quelques jours un plan qui prévoit des patrouilles supplémentaires sur 7 sites sensibles parisiens, dont la Tour Eiffel et les Champs-Élysées. En plus de la sécurité des touristes et de la prévention des attentats, la préfecture de police doit assurer la sécurité de la Tour Eiffel, qui accueille à son sommet des antennes radio et TNT hautes de 12 mètres.

En vidéo

VIDÉO - Sécurité : à quoi va ressembler le mur de verre de la Tour Eiffel ?

À l'été 2016, la question de la sécurisation de la tour Eiffel s'était déjà posée, alors qu'une "fan zone" de l'Euro de football avait été installée sous le monument. En mars 2017, le conseil de Paris a voté à l'unanimité un projet de mur de verre de 3 mètres de haut, dont l'installation devrait être achevée au deuxième trimestre 2018.

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