Baromètre : les Français en pleine crise de confiance

Baromètre : les Français en pleine crise de confiance

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SONDAGE – La dernière vague du baromètre de la confiance politique réalisée par OpinionWay pour Sciences Po montre la dégradation marquée de l’opinion des Français envers leur situation personnelle et celle du pays. Une situation que les acteurs politiques semblent de moins en moins capables de renverser.

La morosité gagne les Français. La vaste enquête annuelle OpinionWay pour le Centre de recherches de Sciences Po (Cevipof) dresse un bilan sombre de l'état d'esprit des Français et de leur confiance dans la politique. La morosité (34%, +3 points par rapport à 2012), la lassitude (31%, +2) et la méfiance (30%, -2) sont en effet les premiers qualificatifs choisis par les Français pour exprimer leur ressenti vis-à-vis de leur situation personnelle fin 2013.

Dans ces conditions, l'espoir n'est pas à attendre du côté politique. Si une majorité de Français (57%) continue à s'intéresser à ce domaine, 60% affirment n'avoir confiance ni dans la droite ni dans la gauche pour gouverner le pays (+8 points). Quoi qu'il en soit, 73% (63%, fin 2011) jugent que "les notions de droite et de gauche ne veulent plus rien dire". Plus globalement, l'opinion négative des Français sur le fonctionnement de la démocratie fait un bon considérable en 2013, soit + 15 points à 69%, contre 54% en 2012.

Perte de confiance en l'Europe mais progression des idées libérales

Une perte de confiance qui va de pair avec la radicalisation de certaines idées. 67% (+2 points) des Français jugent ainsi qu'il y a trop d'immigrés en France et 50% (+5 points) estiment qu'il faudrait rétablir la peine de mort. En outre, la part de Français qui considèrent que l'appartenance de la France à l'Union européenne est une bonne chose s'est considérablement réduite en un an, s'établissant à 35% (-9 points), rejoignant ainsi la part de ceux qui critiquent cette adhésion (32%, + 3 points).

Mais la confiance des Français ne s'érode pas seulement envers les politiques. Des institutions censées participer au débat public et à la construction de la société perdent également du terrain dans l'opinion. C'est le cas des syndicats (28%, -7 points), de l'école (67%, - 6) ou des associations (65%, -4).

Parmi les évolutions notables de ce baromètre 2013, on note en outre une très nette progression des idées libérales en matière économique. Ainsi, l'avis des Français sur le contrôle des entreprises par l'Etat s'est inversé en deux ans. Si en 2011, 41% des personnes interrogées estimaient que l'Etat devrait donner plus de liberté aux entreprises, 59% (+ 18 points) partageaient cet avis en décembre dernier. Parallèlement, les promoteurs du contrôle de l'Etat chutaient de 58% à 38%.

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