Bébés morts à Chambéry : Touraine reste prudente

Bébés morts à Chambéry : Touraine reste prudente

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SANTE - La ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé, dimanche, que l'Institut Pasteur rendrait les résultats de ses analyses "dans les jours qui viennent", suite à la mort de trois nourrissons début décembre dans un hôpital de Chambéry.

La ministre de la Santé Marisol Touraine s'est refusée dimanche à donner le nom du laboratoire ayant fabriqué les poches alimentaires mises en cause dans la mort de trois nourrissons à l'hôpital de Chambéry , affirmant qu'il n'était pas forcément fautif. "Je ne veux pas aujourd'hui mettre en cause un laboratoire qui peut-être n'est pas à l'origine des défauts qui ont amené à la composition de poches problématiques", a déclaré Mme Touraine au cours d'un point presse à l'hôpital de Chambéry.

D'après un rapport de l'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) de 2006, il y a deux fabricants de poches de ce type en France: Fasonuts et Marette. "Nous savons parfaitement de quel laboratoire il s'agit (...) mais nous ne pouvons pas aujourd'hui incriminer la fabrication ou la composition de ces poches", a insisté Mme Touraine. "C'est toute la chaîne depuis la fabrication jusqu'à l'administration du contenu des poches qui aujourd'hui fait l'objet d'enquêtes multiples", a-t-elle expliqué, ajoutant que l'institut Pasteur avait été saisi et devrait rendre ses analyses "dans les jours qui viennent", notamment en ce qui concerne le type de germe contenu par les poches. Le parquet de Chambéry a par ailleurs ouvert une enquête après une plainte déposée par les parents pour homicide involontaire.

Le principe de précaution

La ministre a par ailleurs assuré qu'il n'y avait plus "dans les hôpitaux, de produits semblables à ceux qui ont été utilisés à Chambéry". Sans attendre les résultats des analyses et les conclusions de la justice, "nous avons fait retirer tous les lots de produits qui étaient concernés", a indiqué Marisol Touraine. "C'est un accident gravissime qui justifie la mobilisation de toutes les autorités sanitaires", a dit la ministre qui n'a "connaissance d'aucun autre (...) accident grave qui aurait pu être provoqué par l'utilisation de produits similaires". Aux malheureux qui ont perdu leur bébé, elle a exprimé sa "sympathie" et sa "solidarité".

Interrogé par LCI , le père de l'une des victimes a témoigné que plus encore que l'annonce du décès, il avait été choqué par celle de sa possible cause : une poche sans doute contaminée par des bactéries. "On a eu l'impression qu'on avait assassiné notre fille" a-t-il déclaré, s'inquiétant "de savoir si dans d'autres hôpitaux il n'y a pas eu des cas isolés qui n'auraient pas été détectés". "On ne veut pas qu’on nous plaigne" clame Laurent, le père de Chloé, née le 28 octobre après six mois de grossesse seulement, mais qui "ouvrait les yeux, souriait, reconnaissait ses parents" et prenait du poids, souligne sa maman. Un mois plus tard, passée de 750 grammes à 1,8 kg, leur fille est morte le 6 décembre, trois heures après les premiers signes alarmants.

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