Bernard Cazeneuve dément vouloir instaurer un concordat au profit de l’islam

Bernard Cazeneuve dément vouloir instaurer un concordat au profit de l’islam
SOCIÉTÉ

POLEMIQUE – Dans un courrier, que metronews s'est procuré, le ministre de l’Intérieur dément formellement avoir projeté de "rétablir le concordat" pour la religion musulmane. Une réforme qui serait contraire à la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. De tels propos ont été rapportés par le Canard Enchaîné du 27 juillet sur "la base de rapports erronés", selon Bernard Cazeneuve.

Quelques mots à l’origine d’une vive polémique. Surtout quand ils sont rendus publiques le lendemain de l'assassinat d'un prêtre dans son église. Le Canard enchaîné du 27 juillet rapportait que Bernard Cazeneuve se serait interrogé, quatre jours plus tôt au cours d’un "séminaire gouvernemental", sur le rétablissement du concordat. Cette disposition, en vigueur avant 1905 avec l'Eglise catholique, viserait à doter l’Etat de contrôles accrus sur l’organisation de la religion musulmane. Mais elle serait contraire à la loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat.

A LIRE AUSSI >> Bernard Cazeneuve "s'interroge" au sujet d'un concordat avec l'islam

"Tout en gardant mes principes républicains, je m’interroge sur l’usage vis-à-vis de l’islam d’un concordat tel que celui qui est en vigueur en Alsace-Moselle !", aurait ainsi tenu le ministre de l’Intérieur et des cultes, dans des propos rapportés par le journal satirique.

Les imams formés à l’étranger

Questionné par une responsable associative sur cette volonté de "rétablir le concordat au profit du culte musulman", le ministre de l’Intérieur lui a répondu dans un courrier daté du 29 juillet, que metronews s’est procuré. Bernard Cazeneuve indique qu’une "telle visée serait anticonstitutionnelle". Il poursuit : "Elle est de surcroît parfaitement contraire à mes convictions profondes". "Je vous confirme donc que ce projet est étranger à ma volonté et au sens de mon action", ajoute-t-il, démentant formellement avoir tenu de tels propos. Selon lui, le palmipède aurait rapporté cette phrase "sur la base de rapports erronés".

Tout au long du courrier, le ministre dit être "profondément attaché au principe de laïcité" et à la loi de 1905, dite de séparation entre les Eglises et l’Etat. Et se félicite que le gouvernement encourage "les universités publiques à proposer des formations […] à l’intention des ministres du culte". Mais il regrette que "la grande majorité des cadres religieux musulmans présents dans notre pays ait effectué leur formation à l’étranger". Un constat qui "n’est pas satisfaisant dès lors que l’islam est devenue la deuxième religion de France".

80 arrêtés d’expulsions et 20 mosquées radicalisées fermées

Il précise : "L’Etat laïc n’a pas à se mêler, bien entendu, du contenu théologique de leur formation. Mais il peut s’efforcer de faire en sorte que celle-ci soit rendue possible en France et qu’elle bénéficie de l’excellence de nos universités en matière d’islamologie et d’histoire des religions. L’existence de facultés de théologie catholique et protestante à Strasbourg peut constituer une base pour notre réflexion à ce sujet".

C’est, d’après le ministre, cette dernière idée "limitée" et "strictement laïque" qui a conduit le Canard enchaîné, "sur la base de rapports erronés", à lui "prêter le projet de rétablir le concordat". Par ailleurs, il rappelle en conclusion le travail de ses services contre les "prêcheurs de haine". Depuis 2012, 80 arrêtés d’expulsion ont été pris, et 20 mosquées ou salles de prières "radicalisées" ont été fermées depuis le début de l’état d’urgence. La plupart d’entre elles étaient clandestines.

Sur le même sujet

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent