Blocage des universités : que valent les examens "à la maison" ?

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ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR - Face aux risques de blocages, au moins deux universités ont décidé d’annuler la tenue de leurs examens sur table, Paris Nanterre et Lyon 2. Ils seront remplacés par du contrôle continu, des examens à la maison ou des oraux en ligne. Au risque de voir les diplômes perdre de leur valeur ?

Après avoir bloqué de nombreuses universités en cette période de partiels, les étudiants opposés à Parcoursup poursuivent leur mouvement en empêchant la tenue des examens écrits. Ce qui a poussé les université de Lyon 2 et Paris Nanterre à prendre la décision radicale d'annuler tous leurs examens sur table pour les remplacer par des partiels en ligne.

A Lyon 2, au moins 20.000 des 28.000 étudiants sont concernés par cette décision, annoncée lundi. "Suite aux échanges qui ont eu lieu ce jour avec les directeur/trices et responsables administratif/tives de composantes, des modalités alternatives aux examens sur table vous seront communiquées à partir de demain. Elles reposeront à la fois sur le contrôle continu et sur des devoirs à la maison" a annoncé l’équipe présidentielle dans un communiqué publié lundi.

Travaux à la maison, mini-mémoires, QCM en ligne

L’université de Paris Nanterre a pris la même décision, confirmée dans un communiqué publié ce mardi en milieu de journée. "Les examens qui restent à tenir seront par voie de conséquence proposés sous les autres formes suivantes : oraux, épreuves en lignes écrites et en temps limité, travaux à la maison, mini-mémoires ou encore QCM en ligne, en fonction des choix pédagogiques des enseignants", a expliqué le président de l'université Jean-François Balaudé. L’université, dont l'objectif est de faire passer tous ces examens en ligne avant la fin du calendrier universitaire, avait initialement prévu que 77% des examens se feraient avec des devoirs maisons et des oraux en ligne, et que 23% d’épreuves seraient organisées sur le campus ou délocalisées. 


Ainsi à Nanterre, les présidents d'UFR et les professeurs décideront s'ils préfèrent faire passer à leurs élèves des oraux via Skype, leur donner à faire des dissertations ou à remplir des QCM en ligne. Ils bénéficient de la liberté d'organiser comme ils le souhaitent ces examens, nous a-t-on confié.


Se voulant rassurant, le président de l'université a assuré dans son communiqué que "ces types d'évaluation, notamment numériques, sont fiables et sérieux et sont de fait mis en œuvre dans de nombreux autres établissements d'enseignement supérieur, et pas seulement en temps de crise". Interrogé par LCI, l'université nous a d'ailleurs expliqué que depuis longtemps déjà à Nanterre, les examens sur table ne sont plus rois lors des partiels.

Des professeurs plus exigeants

Mais comment s'assurer que les étudiants qui passent leurs examens à domicile ne trichent pas et ne bénéficient pas de l'aide d'un tiers ? Il n'y a aucun moyen de le savoir, avoue l'université. Parfois, l'aide d'Internet est même autorisée par les professeurs. Alors en contrepartie, l'université assure que les professeurs sont plus exigeants dans leur notation. S'ils ne veulent pas se retrouver avec des sans-fautes dans des épreuves de QCM faciles à remplir avec l'aide du net, ils choisiront plutôt de donner à faire à leurs élèves des dissertations ou des devoirs écrits demandant une réflexion personnelle importante.  Les oraux vidéo via Skype peuvent également être un bon moyen de limiter la triche ou l'aide extérieure.


Quoi qu'il en soit, l'université refuse de laisser dire que ces changements feront perdre de la valeur aux diplômes. Selon elle, personne n'a intérêt à les brader et à partir du moment où les élèves sont évalués par un jury et des professeurs, le diplôme garde sa valeur. "Sinon nous aurions opté pour la validation automatique des diplôme", nous explique-t-on. Jean-François Balaudé a d'ailleurs tenu à préciser dans son communiqué : "Je souhaite vous redire de la manière la plus claire que nous ne braderons pas nos diplômes et que les examens se tiendront, fût-ce dans des formats inédits."

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