Bloctel : "Pourquoi les gens continuent-ils à être appelés ? Parce que toutes les entreprises ne jouent pas le jeu !"

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TÉLÉPHONE - Près d'un an après le lancement de Bloctel, censé freiner le harcèlement téléphonique dont de nombreux Français se plaignent au quotidien, ce dispositif peine toujours à bloquer les appels non sollicités. Pour comprendre les raisons de cet échec, LCI a interrogé Loïc Tanguy, directeur adjoint de cabinet à la direction de la DGCCRF.

LCI : Quel bilan titrez-vous un an après le lancement du dispositif Bloctel ?

Loïc Tanguy : Il y avait clairement une attente très forte des consommateurs sur le dispositif Bloctel. Un an après son lancement, 3,3 millions de personnes se sont inscrites à la liste d’opposition officielle de Bloctel, pour un total de 7,4 millions numéros de téléphones (fixes et mobiles). Cela démontre l’exaspération des Français qui en ont marre d’être contacté sur leur téléphone. Le système Bloctel marche, pour autant, il n’a pas l’efficacité que les consommateurs auraient souhaité qu’il est. Il faut bien garder à l’esprit que Bloctel n’est pas un filtre. Ce n’est pas un système technique qui empêche les démarcheurs d’appeler. Il repose sur une interdiction pour les démarcheurs de vous appeler si vous êtes inscrit sur la liste Bloctel. Pourquoi les gens continuent-ils à être appelés ? Aujourd’hui, 700 entreprises sont adhérentes au dispositif Bloctel. Ce qui est clair, c’est qu’il y a des entreprises qui ne respectent par la réglementation. C’est évident.

LCI : Les entreprises qui ont adhéré à Bloctel respectent-elles leurs engagement ?

Loïc Tanguy : A ce stade, nous en sommes à plus de 250 entreprises contrôlées, et pour 70 d’entre elles, des poursuites ont été engagées. Le seul moyen pour que le système fonctionne, c’est d’avoir une attitude répressive. C’est pour cette raison que nous avons lancé un système de contrôle renforcé fin de l’année dernière. Cependant, un certain nombre de parades sont déployées par les entreprises, comme par exemple l’usurpation de numéro. Il existe en effet des technologies qui permettent d’afficher sur le téléphone des personnes un faux numéro pour tromper le consommateur, ce qui complexifie nécessairement nos enquêtes. Il faudra sans doute plus de temps pour assainir le secteur, et pour que Bloctel donne la pleine mesure de son efficacité.

LCI : Beaucoup se plaignent également du fait que la procédure pour signaler un numéro est trop complexe…

Loïc Tanguy : On sait très bien que la procédure de réclamation sur le site de Bloctel est trop complexe. Il faut indiquer beaucoup d’informations. On demande le numéro, le nom de l’entreprise, l’objet de l’appel, le secteur d’activité, ainsi que l’heure d’appel. Pourquoi ? Contrairement à nous, les entreprises changent régulièrement de numéro de téléphone. Ce n’est pas pour embêter les consommateurs, c’est simplement que toutes ces informations sont nécessaires pour mener à bien nos enquêtes.

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