"Bolloré, désinformation assurée !" : manif devant Canal Plus pour "libérer les journalistes"

SOCIÉTÉ

MEDIAS - En ce jeudi de mobilisation interprofessionnelle, le collectif de citoyen Tout dépend de nous !! a manifesté symboliquement devant les locaux du groupe Canal Plus, qui vient de se faire racheter par Vincent Bolloré.

"Bolloré ! Désinformation assurée !" Ils ont déboulé discrètement, et sont une trentaine, à scander devant les bureaux de Canal Plus, ce mercredi à Issy-les-Moulineaux. Ils sont jeunes, plus âgés, travailleurs, ou au chômage, dans le public et le privé. Portent des masques blancs et des banderoles aux slogans ravageurs : "Si vous n’êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment" ; "Libérons les médias, tout dépend de nous !" Messages destinés directement aux journalistes du groupe, racheté, cet été, par l'industriel Vincent Bolloré.

Derrière tout ça, un tout nouveau collectif " Tout dépend de nous !!" , réunion de citoyens lancée il y a quelques mois. "Nous sommes tous choqués par la politique actuelle", raconte une jeune fille, le visage mangé par son masque. "Et là-dedans, on estime que les médias ont leur part de responsabilité. "On considère qu’aujourd’hui ils ne sont pas libres de s’exprimer, qu’ils sont bâillonnés, que l’information diffusée n’est pas objective."

"Il y a un vrai décalage entre les informations données et la réalité"

"On veut transformer la société, la rendre plus juste et démocratique", approuve, à côté, Marc Landers, un des porte-parole du collectif. "Il nous semble que là-dedans, les médias jouent un rôle important. On pose la question : comment les médias sont-ils organisés, à quels groupes appartiennent-ils ? Qui sont les experts invités ?" Pour eux, la réponse est claire : "De plus en plus de groupes de presse sont détenus par quelques industriels.  Ça nous choque que Marcel Dassault, marchand d’armes, soit le propriétaire de médias, et puisse traiter des sujets sur la guerre dans ses colonnes."

Et en matière de "traitement orienté de l’information", les exemples affluent : "Il y a un vrai décalage avec ce qui est dit dans les médias et ce qui se passe réellement", estime Marc Landers. "Lors des élections en Grèce, quand Alexis Tsipras a été élu, il y a eu déchaînement médiatique pour expliquer que ça allait être le chaos. Ce n’est pas la réalité. Lors du référendum sur la Constitution européenne, 90% des éditorialistes ont pris position pour le "Oui", quand le non est passé, très largement."

La manifestation devant Canal Plus était une première action symbolique, soutenue par le Syndicat des journalistes. Au pied des bureaux, les salariés qui sortent de l'immeuble pour la pause déjeuner, passent sans trop s'arrêter. "On n’est pas contre eux, on veut les aider, on veut leur montrer notre solidarité sur ce qu’ils vivent", explique Marc Landers. Pour ça, le collectif a même planché sur des "propositions d’urgence", comme la création d’un statut de "profession d’information" pour éviter la précarité des journalistes, la suppression du Conseil supérieur de l’audiovisuel au profit d'un nouvel instrument garant du pluralisme, ou encore d’un nouveau statut d’entreprise interdisant le contrôle exclusif d’un média par l’actionnariat privé. Le collectif prévoit d'autres actions. Journalistes, garde à vous !

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