Bordeaux : la famille d’une cycliste tuée cherche l'inconnu qui a déposé un "ghost bike" près du drame

Bordeaux : la famille d’une cycliste tuée cherche l'inconnu qui a déposé un "ghost bike" près du drame
SOCIÉTÉ

HOMMAGE - A Bordeaux, un "ghost bike", ou vélo fantôme, est apparu début novembre sur les lieux où une cycliste était décédée en septembre. Des fleurs et des petits mots transforment l’endroit en mémorial citoyen. La famille cherche à remercier la personne à l’origine de l’initiative.

C’est un hommage anonyme qui a touché la famille. Un "ghost bike", ou "vélo fantôme",  a été déposé début novembre dans une rue près du centre de Bordeaux. 

Le guidon, la selle, les pneus et les pédales, tout est blanc, rapporte Sud Ouest ce lundi. Seule une petite pancarte est accrochée au cadre, avec une suite de chiffres : 21-09-2016. C’est la date de l’accident qui a emporté une jeune Bordelaise il y a bientôt deux mois. Renversée par un camion benne, la cycliste n’avait pas survécu à ses blessures.

Qui l'a installé ?

Depuis que le "vélo fantôme " a été installé là, des bouquets de fleurs et des petits mots sont apparus, transformant le bout de trottoir en une sorte de mémorial citoyen. Le geste a beaucoup ému la famille de la victime, rapporte Sud Ouest.  "Cette personne, que nous ne connaissons pas, s'est tout de même décarcassée pour peindre un vélo en blanc et l'a placé à l'endroit où tout s'est passé", explique Nina, la sœur de la victime, au quotidien local. 

La famille aimerait retrouver cet attentionné citoyen pour le remercier, et lance un appel pour qu'il se manifeste. Le papa de la victime dit même vouloir tout faire pour que le vélo reste en place le plus longtemps possible, et a pour cela décidé d'y installer des cadenas. 

Des vélos pour se souvenir

Ces "ghost bike", sortes de mémoriaux improvisés, sont placés là où un cycliste a été blessé ou tué, souvent par une voiture ou un poids lourd. Ils visent à se souvenir de la personne disparue, mais aussi à rappeler aux cyclistes, aux automobilistes ou aux passants que quelqu’un est décédé à cet endroit dans des circonstances tragiques.

Le phénomène du "ghost bike" est apparu aux Etats-Unis il y a une dizaine d’années. Au tout début, c’est l’artiste américain Jo Slota, originaire de San Fransisco, qui récupérait des vélos abandonnés sur la voie publique. Il les voyait comme des "vélos morts" et les peignait en blanc, "pour souligner leur état fantomatique", avant de les accrocher au mobilier urbain. Mais le projet a pris un autre sens en 2003 : un vélo blanc a été accroché dans une autre ville, Saint-Louis, après la collision d’un cycliste et d’une voiture. Ces vélos fantômes se sont ensuite propagés dans d’autres villes des Etats-Unis, mais aussi dans le monde entier. 

Parfois, l’installation de ces vélos fantômes fait l’objet d’une cérémonie mémorielle, orchestrée par les proches.

Un site, ghostbikes.org, recense même les apparitions de vélos fantômes sur la planète. 

En France, le mouvement est plus timide. S’il existe déjà des silhouettes noires, le long de certaines routes, rappelant qu’à ces endroits des automobilistes ont été tués, les vélos fantômes se comptent encore sur les doigts d’une main. En 2013, un vélo fantôme était ainsi apparu à Lyon, avant d’être vandalisé, de se faire enlever par les forces de l’ordre, puis réinstallé au cours d’une petite cérémonie. Un autre "ghost bike" a aussi été signalé en 2014 à Nantes, près d’un lieu de rendez-vous pour les riders : un de leurs membres avait disparu dans un accident. 

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