Boulogne-sur-Mer : malgré une interruption médicale de grossesse, leur enfant naît bel et bien vivant

Boulogne-sur-Mer : malgré une interruption médicale de grossesse, leur enfant naît bel et bien vivant

DRAME - Sur les recommandations des médecins qui avaient diagnostiqué une malformation grave chez le fœtus, un couple du Pas-de-Calais a accepté une interruption médicale de grossesse à huit mois. Mais lundi dernier, jour programmé de l'intervention, rien ne s'est passé comme prévu.

C'est une expérience aussi rare que traumatisante que traversent actuellement des parents de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais. Alors que le couple pensait enterrer cette semaine son enfant, après une interruption médicale de grossesse prescrite au huitième mois de grossesse, ce dernier est venu au monde bel et bien en vie.

La décision de procéder à un avortement thérapeutique avait été prise d'un commun accord entre la famille et l'équipe médicale après qu'une malformation grave chez le fœtus a été diagnostiquée. "On nous a expliqué que notre enfant avait 80 % du cerveau qui ne fonctionnait pas. Les médecins ont dit que le bébé serait paralysé et qu’il ne pourrait ni boire ni manger", a confié la mère à La Voix du Nord, qui relatait le drame ce 26 juillet.

Le jour de l'intervention, programmée lundi dernier, les médecins ont alors pratiqué une injection létale à double-dose dans le cordon ombilical, l’arrêt cardiaque du foetus ayant été constaté peu après. Mais quelques heures plus tard, alors que la mère était censée accoucher d'un enfant décédé, ce dernier se met à crier. "Le bébé est vivant. Il pleure, mange et bouge. On ne comprend pas ce qui a pu se passer et on n’a pas d’explications de la part de l’hôpital", a expliqué le père au quotidien régional. Et de poursuivre, inquiet : "On ne sait pas, maintenant, quelles seront les conséquences de l’injection létale sur l’enfant, ni comment il évoluera".

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"C’est rare mais ça arrive "

Le couple, qui avait déjà organisé les funérailles de l'enfant, tient l'hôpital pour responsable de la situation tragique dans laquelle il se trouve, et a déjà manifesté son intention de porter plainte.  "Nous avons vérifié le déroulé de l’opération et il n’y a pas eu d’erreurs médicales commises par les praticiens qui ont pratiqué l’opération. Nous sommes face à un échec de l’IMG. C’est rare mais ça arrive ", se défend le Dr Pierre Ducq, président de la commission médicale de l’hôpital Duchenne, où s'est déroulée l'intervention. Depuis les faits, la tension est à son comble avec les parents du nourrisson, et le dialogue est rompu.

Ces derniers avaient rendez-vous ce jeudi au CHRU de Lille, afin de passer des examens et d'évaluer la situation du nouveau né. Mais les résultats ne présagent rien de rassurant, selon la famille. "L’arrêt cardiaque a privé le bébé d’oxygène et cela rend notre enfant inopérable alors qu’avant, on aurait pu tenter quelque chose",  a expliqué le père, qui précise que le corps médical ne peut pas s’engager sur le pronostic vital.

Une enquête interne a été ouverte et l’agence régionale de santé a été alertée.

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