Bus, tram, RER… Mais pourquoi a-t-on si chaud dans les transports parisiens ?

SOCIÉTÉ
CHAUD DEVANT - Par temps de forte chaleur, la climatisation fait cruellement défaut dans bon nombre de transports en commun parisiens. Ce qui peut avoir tendance à encourager les usagers à prendre leur voiture climatisée… Comment ? Pourquoi ? LCI vous dit tout.

C’est un douloureux problème que les Parisiens à scooter ou en voiture ne peuvent pas connaître : la chaleur, à Paris, dans les transports en commun. Dur. Pénible. On vous refait le scénario. De bon matin, en été, pour aller au boulot, vous rentrez dans le métro. Encore à peu près frais. Heure de pointe oblige, vous vous retrouvez collés-serrés, entassés avec d’autres passagers énervés. De quoi faire grimper encore la température de quelques degrés. Vous avez chaud, très chaud, sentant bientôt les rigoles de sueurs se creuser dans votre dos/poitrine/jambes. Mais vous endurez, stoïque. Jusqu’à ce qu’enfin la rame ne vous recrache près du boulot. Rouge. Trempé. Dégoulinant. Collant. Le soir, pour changer, vous visez le bus. Grossière erreur, et rebelote. Entassés, empilés, le nez guettant le moindre souffle d’air frais, dans un véhicule écrasé de chaleur.  


Les Parisiens le ressentent douloureusement chaque été, lors des gros pics de chaleur : le manque de clim’ dans les transports. En clair, il faut choisir le moindre mal. Barbara mise sur le métro : "Comme c’est en sous-sol, quand il n’y a personne, c’est plutôt au frais", raconte-t-elle à LCI. Aurélie, elle, préfère le bus. "Ca permet de regarder le paysage, et d’avoir un peu de courant d’air…" Sauf quand le bus est stoppé, longtemps, dans de longs embouteillages. Au point que le 24 août dernier, devant les 37 degrés et plus qui ont sévi à Paris, les équipes du Stif, en charge du réseau, ont distribué des bouteilles d’eau dans les gares parisiennes. 

400 bus sur 4.500 équipés de clim'

La FNAUT, Fédération national des usagers des transports, alertée sur le sujet, et notamment sur le cas des bus. Elle a envoyé une lettre à la nouvelle présidente de Région, Valérie Pécresse (LR), pour dénoncer une "situation anormale". Sur les 4.500 bus RATP, seuls 400 sont équipés de climatisation. De quoi inciter les voyageurs à prendre la voiture, climatisée, par forte chaleur. "On parle souvent des problèmes des trains, des RER. Mais de ce côté, le renouvellement est enclenché", précise à LCI Marc Pélissier, président du FNAUT Ile-de-France. "En revanche, le sujet de la clim’ dans les bus n’est pas vraiment pris en compte lors de l'achat de matériel neuf."


En fait, en matière de rafraichissement à Paris, tous les usagers ne sont pas logés à la même enseigne. Cela dépend des lignes, du type de transport… et de l’âge des rames.  Heureux sont donc les usagers du tramway : dans ce matériel moderne, toutes les lignes sont équipées de ventilation réfrigérée. Plus compliqué en revanche pour le métro : sept lignes sont équipées de ventilation naturelle grâce à des ouvertures sur le toit (une partie des lignes 3, 3bis, et 9,  les lignes 10, 11 et 12) ; sept lignes sont équipées de ventilation mécanique forcée, grâce à des aérateurs diffusant un courant d'air en aspirant l'air extérieur (une partie du matériel de la ligne 3, les lignes 4, 7, 7bis, 8, 13 et 14) ; et cinq autres, les bienheureuses, de ventilation réfrigérée : (une partie du matériel des lignes 9 et 14, les lignes 1, 2, 5). 


Désormais, priorité au confort des voyageurs ?

Le réseau RER a longtemps été le grand, grand perdant, avec son matériel obsolète. Mais depuis quelques années, le Stif  renouvelle, petit à petit, tout le matériel. Le RER A dispose donc depuis 2011 de ventilation réfrigéré. La B dispose pour deux tiers de trains rénovés. Plus globalement, deux-tiers des trains circulant en Ile-de-France ne sont pas climatisés. 


Et ce n’est donc pas mieux du côté des bus parisiens. Ils sont, dans leur très grande majorité, équipés de "vitres athermiques", des verres qui filtrent les rayons UV. Mais qui, quand les températures atteignent des niveaux olympiques, trouvent vite leurs limites. "Il y a une raison technique à cette absence de clim'", précise le Stif. "Quand le bus s’arrête tous les 350 mètres, ouvre ses portes et les referme pour engouffrer une bouffée de chaleur, la climatisation n’est pas forcément le système le plus adapté." 


Il y a, aussi, des raisons écologiques et politiques : la climatisation, ça fait consommer plus d’essence… La majorité socialiste précédente – le Stif est sous la houlette de la Région -, fortement axée sur la transition écologique, n’a donc pas vraiment poussé pour développer ce système. "La climatisation dans les bus était tabou avec la précédente majorité, elle ne l'est plus avec la majorité actuelle", complète le Stif auprès de LCI.  Qui promet du changement : "Valérie Pécresse, présidente du Stif souhaite donner la priorité au confort des voyageurs ", nous indique-t-on, "tout autant qu'à la transformation du parc des bus vers des bus propres." Tout ça, via un Plan bus, qui doit être mis en route d’ici la fin de l’année. Et si, si, clim' et écologie sont compatibles : "Quand il fait chaud, les gens ont tendance à déserter le bus, pour prendre leur voiture. Peut-être qu’il vaut mieux donc consommer un peu plus d’énergie, pour mettre la climatisation, et que les usagers continuent à prendre les transports en commun", analyse le Stif.



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Alerte à la canicule : à Paris, les usagers des transports prennent leurs précautions

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