"C'est de pire en pire", Mila de nouveau cyberharcelée après le procès de ses harceleurs

Affaire Mila : "La peur change de camp", lance la jeune femme à la sortie de l'audience

RÉSEAUX SOCIAUX - Alors l'ouverture du procès de ses cyberharceleurs présumés, la jeune femme évoque sa solitude face aux attaques "de pire en pire" dont elle serait encore victime.

"Plus de 100.000 messages haineux et de menaces de mort lui promettant de se faire ligoter, découper, écarteler, lapider, décapiter avec des images de cercueil, des photo-montages de décapitation, de sa tête sanguinolente". Ce sont quelques-uns des messages que la jeune Mila aurait reçu depuis un an et demi, selon son avocat Me Richard Malka. Alors que s'est ouvert le procès de ses cyberharceleurs présumés la semaine dernière - renvoyé au 21 juin prochain -, la jeune femme confie dans un entretien au Point sa solitude face aux messages de haine qu'elle n'a jamais cessée de recevoir. Pire, les assauts se seraient démultipliés depuis plusieurs jours. 

"Des incitations au suicide, des menaces de mort, de viol, des propos orduriers… Il y a de tout. C'est carrément horrible", raconte Mila. Depuis sa vidéo sur Instagram où elle critiquait l'islam, la lycéenne vit sous protection judiciaire et ne se rend plus dans son établissement. Selon Le Point, elle vit désormais dans un petit appartement et continue de suivre ses cours par correspondance. "Je me sens horriblement seule. J'en peux plus", décrit-elle, las. "Avec ma famille, on passe notre temps à signaler à la justice les menaces que je reçois. Je n'ai plus rien, plus de vie, plus de vie sociale autrement que sur les réseaux, j'ai l'impression d'être un robot, de ne plus être un être humain mais un souffre-douleur. Je me sens impuissante, seule au monde. C'est horrible, ce sentiment de solitude. Je n'ai plus qu'à me flinguer, ce n'est plus supportable."

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Ce lundi, l'adolescente a annoncé sur son compte Twitter que son compte Instagram - "seul lien qu'il (lui) reste avec le monde extérieur" - avait été supprimé, d'après elle à cause d'un "signalement de masse" à son encontre.  Une attaque de plus, cette fois contre "ma communauté Instagram était tout ce qui pouvait m'égayer un peu en ces temps compliqués", écrivait-elle lundi sur Twitter. Le secrétaire d'État chargé du numérique, Cédric O, a appelé Facebook, à qui appartient Instagram, à rouvrir le compte de Mila "au plus vite". Elle a finalement pu le récupérer quelques heures plus tard.

À propos du procès de treize personnes accusées de harcèlement à son encontre qui s'est ouvert il y a quelques jours, Mila dit, aux journalistes du Point, avoir "mis (s)on cerveau sur off". "Je crois en la justice, mais je ne veux pas non plus me faire trop d'illusions car, si je suis déçue, j'aurai beaucoup de mal à le digérer", dit-elle. 

Le 3 juin dernier, elle avait fait part à la presse son souhait de voir "la peur changer de camp" à l'issue de l'audience. "Plus nombreux on sera à l'ouvrir, plus on sera forts, puissants face à la menace et au harcèlement qui ne fera qu'empirer si on reste sans rien faire, si on continue à se soumettre". Un message qu'elle devrait continuer à porter dans les prochaines semaines alors que la publication de son livre Je suis le prix de votre liberté (Grasset), est prévue au 23 juin.

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