"Ça doit rester gratuit !" : usagers et syndicats sonnent la révolte contre les appels à la police bientôt payants à Paris

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PAS CONTENTS - Dans le cadre de la mise en place d’un numéro simplifié pour contacter la préfecture de police de Paris, celle-ci en profite pour passer à un numéro surtaxé, à 0, 06 centimes. Usagers et syndicats s’insurgent.

Une fois de plus, il va falloir mettre la main au porte-monnaie : à Paris, certains appels à la police vont être très prochainement surtaxés, révèle Le Parisien ce jeudi.

Un petit changement est en effet en train de s’opérer à la préfecture de police de la capitale : un nouveau standard téléphonique va être mis en place d’ici quelques semaines. Un nouveau numéro, le 34.30, va remplacer à la fois le standard général de la préfecture de police, mais aussi le numéro d’accueil de tous les commissariats parisiens. Raisons avancées : améliorer le service aux usagers et... décharger des tâches téléphoniques les fonctionnaires des commissariats qui ne disposent plus de standardistes.

Qu'en sera-t-il lorsque les appels dureront longtemps, qu'on va vous passer trois interlocuteurs différents ?- Un internaute

La mise en place de ce nouveau service a été confiée à une entreprise spécialisée, Prosodie-Capgemini. Et l’appel à ce numéro sera désormais facturé 6 centimes d’euros la minute, en plus du coût de la communication, pour autofinancer ce changement. Précision utile cependant, ce nouveau standard centralisé et surtaxé se veut réservé aux appels non urgents : les appels au 17 police secours ne sont pas concernés par le surcoût, pas plus que ceux à la police judiciaire ou aux services des passeports, qui auront encore leur propre numéro et ne coûteront que le prix de la communication. 

Reste que la mesure a fait réagir, chez les usagers. Sous les articles qui annoncent la surtaxe, les internautes s’insurgent, dénonçant "la folie de la taxation" ou un "honteux racket institutionnalisé". "On paye des impôts qui normalement financent les services publics, alors où passe cet argent ?", s’interroge ainsi Eric. "Choquant", abonde Kiwala. "L'accès aux services publics se doit de demeurer gratuit, car payé par nos impôts !" Il s’interroge surtout sur les sommes qu’il va falloir débourser. "Ça commence par une 'petite' surtaxe, mais qu'en sera-t-il lorsque les appels dureront longtemps, qu'on va vous passer trois interlocuteurs différents, qu'on vous fera attendre pour cause d'embouteillage ?", souligne-t-il. "Voilà qui ne va pas dans le bon sens, la police qui se plaint qu'une partie de l'opinion ne les aime pas, contribue ainsi à creuser le fossé ... ", commente un autre.

C’est le principe même qui est critiquable- CGT préfecture de police

A la préfecture, les syndicats sont également loin d’être emballés par la mesure. "0,06 centimes d’euros par minute, c’est symbolique diront certains… Mais c’est le principe même qui est critiquable", dénonce la CGT dans un communiqué. "La Préfecture de police est contactée pour des demandes de renseignements sur les titres (cartes grises, passeport, titre de séjour, permis de conduire, etc…), pour des demandes d’informations ou même parfois pour des urgences. C’ est un service public central pour les citoyens de la région parisienne, le contacter doit rester gratuit !" Pour le syndicat, "c’est une des conditions de l’égalité d’accès au service public car même les populations les plus fragiles seront touchées par cette surtaxe." La CGT craint également que ce ne soit les personnels affectés au standard qui ne fassent les frais de cette mesure, en première ligne pour l'expliquer face aux usagers :  "De longues journées en perspective… "

La préfecture rappelle de son côté que d'autres administrations utilisent déjà cette tarification des numéros spéciaux, au même tarif d'ailleurs : la Caisse d'allocation familiale de Paris, la Caisse primaire d'assurance maladie (36.46). Au palmarès des numéros taxés, c'est la mairie de Paris (au 39.75) qui est la plus abordable : 0, 05 centimes. D'ailleurs, ces montants pourraient tout à fait augmenter : la loi, qui encadre strictement la tarification de ces numéros, prévoit qu'ils ne doivent pas excéder 0,80 centimes par minute.

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VIDEO. Appels d'urgence - Tension permanente à " Police Secours " de Lille

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